89 bis

L'Affaire Antigone - 89 bis

89 bis est le scénario d’un spectacle interprété par la Chorale populaire de Paris et les comédiens de La Cocarde en 1989 pour fêter le bicentenaire de la révolution de 1789.

Scénario René Ballet

 

89 Bis est un spectacle satirique. À cela deux raisons : 1789 n’est pas 1871. 1871 reste un évènement inconcevable, donc non présentable, le premier gouvernement ouvrier du monde ! En revanche, 89 a depuis longtemps été récupéré par presque tout le monde.

89 Bis est un spectacle ironique, pas trop long : 1 h 30, visant moins à exalter la Révolution qu’à démonter, à détruire l’image aseptisée que certains veulent nous montrer.

Pas de décors, d’accessoires, de costumes historiques, tout se passe en 1989, dans un studio de télévision.

La Chorale Populaire de Paris donne là un spectacle ininterrompu, d’un seul tenant.

89 Bis n’est ni un récital de chants révolutionnaires ni une pièce de théâtre, avec 89 Bis, la Chorale Populaire de Paris utilise ses deux moyens d’expression.

Cinq grands thèmes dans 89 Bis :

  • Prologue : 89 est bien gênant pour certains,
  • 4 août en nocturne : les paysans et la liberté,
  • Noir comme le sucre: les esclaves des colonies et la liberté,
  • 17 Juillet 91, le jour où la Révolution aurait dû s’arrêter : les ouvriers et la liberté,
  • Final : 89 n’est pas terminé !

 

 

Voilà 89 Bis par la Chorale Populaire de Paris. Ce spectacle est de René Ballet (grand reporter à l’Humanité Dimanche), la mise en scène de Christian Ferrari, chef de choeur : Jean-Claude Chambard.

Présentation des articles de presse de Roger Vailland – Messidor/Editions sociales, 1984

Présentation des articles de presse de Roger Vailland. Écrits journalistiques de René Ballet Présentation des articles de presse de Roger Vailland. Écrits journalistiques de René Ballet

Premier volume : Chronique des Années folles à la libération

Edition dirigée par René Ballet. Préface de Roland Leroy.

Second volume : Chroniques d’Hiroshima à Goldfinger

Préface de René Ballet

Nouvelle présentation de Chronique des Années folles à la libération (Bucher-Chastel, 2003)

…Ce livre ne sera pas un “à-côté” pour ceux qui connaissent et goûtent le romancier Roger Vailland. Il sera Roger Vailland, tout entier, maître de sa forme…Ce livre réserve quelques jouissances de qualité. A quoi il faut ajouter l’excellent choix de René Ballet, qui sait l’arrachement que c’est d’écrire et qui a eu l’idée, tout à fait éclatante, de tendre au Vailland des années trente-quarante (celles de ces articles) le miroir d’autres articles, des années cinquante-soixante…

Emile Breton – Révolution


Roger Vailland scénariste et dialoguiste de films, éroticien, journaliste chroniqueur, reporter, voyageur et finalement éditorialiste politique… En réunissant en volume des textes échelonnés entre 1928 et 1945, René Ballet éclaire une bonne partie de ce Vailland méconnu…

François Albèra – La voix ouvrière


Cet ouvrage de cinq cents pages réunit en une quinzaine de séries, 180 articles de Roger Vailland présentés par un ami proche de l’auteur: le journaliste écrivain René Ballet.

L’écho du centre


…Une des œuvres romanesques les plus incisives, et les plus élégantes de notre siècle, les plus féroces aussi, n’occupe plus la place qu’elle mérite…Dans ce premier recueil d’articles, René Ballet a rassemblé les articles de Roger Vailland journaliste de 1928 à 1945. Fort intéressant…

Jean-Jacques Brochier (Le Magazine littéraire)


…La terre parcourue par Roger Vailland avec une allégresse mordante et un talent éblouissant d’observateur apparaît complètement dans les deux livres essentiels que viennent de publier les Editions Sociales, sous la direction de René Ballet, romancier et grand reporter. Une appréciation équilibrée de l’œuvre romanesque et journalistique de Roger Vailland est donnée dans les notes liminaires de René Ballet qui introduisent les textes et les articles d’un grand journaliste…

Charles Haroche – Cahiers du communisme


…Le second tome des écrits de presse de l’auteur de “La Loi” fait la part belle à notre département. Mais c’est l’universalité de cette écriture qui fascine. Il est dirigé comme le précédent avec le sérieux et la rigueur de René Ballet, un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Vailland…

Didier Pobel (Le Dauphiné Libéré)


…C’est un ami et un proche de Roger Vailland, René Ballet, qui a réuni et présenté ces articles…Auteur de romans et d’essais, René Ballet est actuellement grand reporter au journal L’Humanité…

L’Echo du centre


…”Roger Vailland journaliste ? Connais pas…! Or voici que René Ballet propose un choix d’articles qui révèle en Vailland journaliste une plume mordante, disséquant l’événement, la situation pour en dégager sens et contradiction. Ce n’est d’ailleurs pas seulement la face cachée d’un auteur, mais toute une époque que l’on découvre : les débuts du surréalisme, les “montparnos”, le Paris des “années folles”, les grands procès aussi retentissants pour les contemporains que celui de Stavisky, ou encore le printemps exaltant de 1936 ou la déroute allemande de 1945. Avec Vailland, on fait le tour de l’Europe des années 30-40…

A la page n°11


On n’a guère fini de découvrir Roger Vailland…C’est à cette découverte que nous convie René Ballet qui a dû rechercher les cent quatre-vingts articles dans Paris-soir et Action, dans le Peuple et L’Humanité-dimanche, dans Paris-midi et Libération…

Jean-Paul Jouary – L’Humanité


Sous des allures de dandy et avec son nez aquilin qui ne sont pas sans rappeler le profil de Roger Vailland, René Ballet est venu à Bourg expliquer pourquoi il avait tenu à rassembler dernièrement les écrits de presse de l’auteur des “Mauvais coups”…C’est cinquante ans d’histoire a-t-il insisté, en rappelant que le second volume se rapportait à diverses reprises au département de l’Ain : les Allymes, Meillonnas ou Chavanne-sur-Reyssouze…

Didier Pobel – Le Dauphiné Libéré


Les Saintes Huiles – Le Temps des cerises, 2001 – Nouvelle tirée de Corps à corps (nouvelles érotiques).

Les Saintes Huiles - René BalletAu Baron Ernest-Antoine Seillière fils du Baron Jean Seillière de Laborde.

D’un mouvement d’épaules, Pierre-François écarta les deux gardes qui l’encadraient. Arrivé sur la plateforme, il se redressa et toisa la foule. La tempête de haine populacière ne le fit même pas sourire… Il leva les yeux. Non pas vers le ciel vide, mais vers le couperet, seul partenaire digne de lui. Sa respiration s’accéléra tandis qu’on l’installait sur la planche. Pour maîtriser un tremblement, il se plaqua contre sa dernière couche. Le tremblement s’amplifia. Il se plaqua plus fort. Et le miracle se produisit. Entre ses cuisses, s’écoulait un liquide épais et tiède qui n’était pas -pas encore-du sang.
Les saintes huiles, ricana Pierre-François. Il partit d’un grand éclat de rire tranché net.
Nouvelle tirée de Corps à corps (nouvelles érotiques) – Le Temps des Cerises, 2001


Cinq auteurs “débelzébutent” l’érotisme! René Ballet traverse l’histoire à pas de hussard, l’histoire ou plutôt une période de l’histoire où le monde changeait. La remise en cause du pouvoir établi, c’est aussi l’affirmation de disposer de son corps. Non seulement pour le plaisir, mais pour la vie tout court. Et là, la leçon est éminemment politique; mais non sans humour car elle démystifie à jamais les maîtres du moment qui ne sont bien que du moment car le pouvoir peut être “tranché net”.

Lucien Wasselin (Liberté-Hebdo)


“Corps à corps” (nouvelles érotiques) recouvre sous diverses signatures un genre très apprécié en France et dans l’Europe du sud, la Nouvelle….L’écriture (moderne) montre bien ce qui se réalise sous nos yeux de lecteur et, par conséquent, de voyeur. L’action dépasse le temps, n’est-ce pas là la recommandation de la parabase de la tragédie grecque, à laquelle l’auteur donne une définition juste. Monter et démonter, sans cesse, les tréteaux du théâtre de la vie, c’est refaire le jeu, dans toutes ses composantes.

P.P. (Liberté 62)

Cocktail au curare – Le Temps des cerises, 2007

Cocktail au curare - René BalletRecette :
Verser dans le désordre des histoires d’aujourd’hui, d’hier, de demain ou de jamais. Y ajouter une pincée de politique-fiction, quelques flashes pimentés, des détournements et des contes au parfum de règlements de comptes. Mélanger le tout et agiter soigneusement. Servir glacé avec un soupçon de curare et une pointe d’inconvenance. A consommer avec précaution. Peut nuire à la quiétude et au sens moral.


A la fois doux et amer. Aprement lucide mais taillé comme un diamant rare par un orfèvre du cœur, tel est le dernier livre écrit par l’homme de plume René Ballet…Et sa dégustation va remplir les lecteurs de bonheur en faisant couler dans leurs veines le goût brûlant de la phrase bien écrite qui réveillera les sentiments enfouis au fond de soi par une société oppressante en raison de ses interdits masquant sans cesse le rayon de soleil et la source fraîche que l’on pressent si proches, dont la véritable éducation reçue vous avait enseigné l’existence… René Ballet, une fois encore, révèle son solide talent d’écrivain. Ce cocktail, alterne courts tableaux, scènes précises et histoires miroirs qui se dégustent avec plaisir et s’ouvrent sur un monde lucide en apaisant L’inquiétude ressentie au sein d’une société en perdition…

Raymond Ménard (La République du centre-Week-end)


La petite gare
(Nouvelle extraite de « Cocktail au curare »)

Léon se leva à regret.
Aux premiers jappements, il avait haussé les épaules. Tégévé radotait : il ne jappait plus qu’après ses rêves. Mais les jappements redoublaient. Lorsque Léon poussa la porte, le froid l’envahit jusqu’au fond des poumons. La douche glacée de la lune illuminait le quai de la petite gare. Personne, évidemment! Pas un bruit. Pas un souffle. Le vent même semblait pris dans les glaces. Léon sursauta : le gravier venait de craquer derrière les troènes masquant le portillon d’entrée. Il s’avança en balançant sa lanterne mais, après quelques pas, la surprise le cloua sur place. Un voyageur !
Le premier réflexe de Léon fut de regarder l’horloge. Il était non pas 8h10, comme auraient dit les gens d’ici, mais 20h11. Une minute, ça compte pour un cheminot. Un voyageur dans la gare à 20h11 – presque 20h12 à présent, le 24 décembre, ce n’était pas croyable. Pourtant…
L’homme sortit de l’ombre. Léon attendait. De plus en plus méfiant : dans la lueur de la lanterne, il remarqua le teint basané de l’inconnu. Un maghrébin sans doute. S’ils arrivaient jusqu’ici maintenant !
– Y a-t-il bientôt un train ?, demanda l’étranger.
– Y aurait bien le 21h23, mais il ne passera pas.
– Pourquoi ?
– Parce qu’il ne passe plus de trains depuis vingt-quatre ans.
Léon tressaillit au bruit de la valise tombant sur le quai. Il remarqua alors l’air exténué de l’étranger; il vacillait. Il n’allait quand même pas lui tomber dans les bras !
– Entrez un moment dans la salle d’attente, maugréa Léon. Il y fait moins froid.

*

        Léon avala un verre de vin rouge pour se réchauffer, il augmenta la flamme sous les cèpes qui mijotaient dans la cocotte puis il alla regarder à travers la petite lucarne donnant sur la salle d’attente. Bien qu’elle ne fit pas partie des locaux que lui louait la Compagnie, il l’entretenait comme le reste. Fierté de cheminot !
L’étranger se pelotonnait sur la banquette en bois. Tassé dans l’angle de deux murs. Dans le noir. Il avait préféré rester sans lumière : pour mieux se reposer, prétendait-il. Dans la clarté filtrant par la lucarne, Léon remarqua qu’il tremblait de froid. Ce n’était pas étonnant, habillé comme il l’était. Quelle idée de se promener en imperméable, un soir de Noël ! Et après, ils envahissent nos hôpitaux…
– Je laisse ouvert grommela Léon en poussant la porte de communication entre la cuisine et la saIle d’attente. Il fera moins froid.
L’étranger le remercia d’un signe de tête.

*

        Léon souleva le couvercle de la cocotte. Une chaude odeur de forêt, d’humus le suffoqua. Les cèpes allaient être à point. Il les avait fait sécher, coupés en fines lamelles, suspendues à un fil. Leur cueillette, à l’automne, était l’un de ses plaisirs favoris : la marche dans la forêt bruissant du craquement des feuilles mortes, les branches traîtresses cédant sous la main, les ronces griffant l’envahisseur, la fatigue, le découragement… et soudain l’émotion à la vue de la tête brune émergeant de la mousse.
Léon but un verre de vin pour dissiper l’émotion.
Il entrouvrit la porte du four. La peau du canard se dorait dans le grésillement de la graisse fondante. Encore quelques minutes de cuisson. Léon rit : ils avaient coupé la ligne sans lui couper l’appétit…Ni la soif, pensa-t-il en se retournant pour se servir un verre.
Et l’autre, là-bas?
Il s’arrêta, la main au-dessus de la bouteille. Fasciné par le rectangle noir de la porte ouverte. Les odeurs de cuisine devaient envahir la salle d’attente, provoquant l’étranger transi dans l’obscurité.
Peut-être ne sentait-il rien, tenta de se rassurer Léon : ils ne savent pas manger. A part leur couscous…
– Si vous voulez partager mon repas, dit-il en s’avançant. Il y en a pour deux. C’est sans façon.

*

        – C’est la vie, dit Léon en riant.
Sa vie, il l’a racontée entre le pastis et le fromage. Une vie toute simple, comme on dit des vies difficiles. Il avait quarante-deux ans, lorsqu’ils ont fermé a ligne où il travaillait. A sa retraite, il est revenu habiter dans la gare désaffectée qu’il louait à la Compagnie. Au début, par habitude -non, par respect- il arrachait les ronces qui poussaient dans le ballast : «le Léon cultive les cailloux», se moquaient les paysans. Et puis il y a deux ans, ils ont enlevé les rails. Léon a clos les volets et s’est enfermé pendant deux jours avec un casier de bouteilles. Pour ne pas voir ça ! Si les rails ont disparu, il y a toujours un casier en réserve. Cela, Léon ne l’a pas précisé mais Nazim s’en est certainement aperçu.
Car l’étranger s’appelle Nazim et il n’est pas maghrébin mais turc. C’est même à peu près tout ce que Léon sait de lui. Pour le reste, Nazim reste évasif : il était ajusteur à Istamboul mais il ne peut plus retourner chez lui. Léon n’a pas insisté : une gare est un lieu d’asile. Comme la Légion. Et Léon a vu des films : à celui qui y entre, on ne demande pas d’où il vient.

*

        – Ah ! j’en ai vu passer du monde, soupira Léon, du beau monde et du drôle de monde.
– Mais c’était une petite ligne…
– Petite ligne, s’indigna Léon, mais avec des correspondances pour Paris Marseille, la Porte de l’Orient : Naples,  Athènes, Istamboul.
– Istamboul, répéta Nazim, les yeux pétillants.
Léon reprit la bouteille de calvados mais Nazim posa la main sur son verre.
– Le dernier, insista Léon. Le coup de l’étrier. Vous en aurez besoin : la route est longue jusqu’à la grande ligne.
Il s’arrêta, la bouteille en l’air : tégévé venait de japper.
– Normal, dit Léon en riant. Il annonce l’arrivée du père Noël.
– Merde, reprit-il après avoir essuyé la buée d’une vitre, ce sont les gendarmes !
Léon n’eut qu’à regarder Nazim pour comprendre.
– Je m’en occupe, dit-il. Passez dans la chambre à côté.

*

        Les deux gendarmes se préparaient à entrer au chaud mais Léon les reçut sur le pas de la porte.
– Il faut être vicieux, dit-il, pour se balader par un froid pareil.
– Ne plaisante pas. C’est sérieux. Nous recherchons un homme, un étranger en situation irrégulière. On va le réexpédier chez lui. Retour à l’envoyeur. Tu n’as vu personne ?
– Je ne vois plus personne depuis vingt-quatre ans, depuis que vous avez fermé ma gare.

*

        Léon attendit que le bruit du moteur se fût enfoncé dans la nuit pour refermer la porte.
– Tu peux sortir, cria-t-il en direction de la chambre.
– Je suis là.
Léon se retourna. Nazim se tenait dans l’entrée de la salle d’attente, en imperméable, la valise à la main.
– Tu pars ?
Nazim écarta les bras en signe d’impuissance.
– Tu as tort, reprit Léon. Dehors, l’air est froid… et malsain pour toi. J’ai un petit lit pliant. C’est pas le Négresco mais si tu veux passer la nuit ici…
Nazim accepta d’un sourire. Un sourire comme Léon n’en avait jamais vu, avec ces dents d’une blancheur irréelle au milieu de cette peau basanée.
Il y avait bien longtemps que Léon n’avait pas reçu un aussi beau cadeau de Noël.

* *
*

Reporter de l’interdit (Recueil des reportages) – Le Temps des Cerises, 2003

Reporter de l’interdit (Recueil des reportages) - Le Temps des Cerises, 2003

René Ballet a toujours défendu la même conception du reportage, forcer les frontières de l’interdit: clandestin dans le Chili de Pinochet et chez les tontons macoutes de Haïti; jouant à la taupe dans la secte Moon et à l’organisateur de soirées avec un patron de “boîte” qui prêtait cent “filles” pour l’achat de cent bouteilles de whisky ; fuyant les fastes officiels pour rencontrer Hrabal-le-récalcitrant dans une taverne pragoise ; révélant comment le maire communiste de Naples dut organiser un sabotage pour faire respecter la loi, comment le peintre mexicain Siqueiros réalisa son œuvre la plus monumentale en prison, comment l’affrontement entre Ferrari-le-despote et les ouvriers rebelles de l’Emilie rouge donna les plus belles voitures du monde et comment sur le chantier de “l’autoroute des géants”, des camionneurs deviennent fous à leur volant.

4e de couverture

 

“…La démarche de René Ballet, enquêtant ici et là à travers le monde, consiste aussi à nous rendre présents, actifs en un sens : nous sommes, le lisant, avec lui, très près de lui, et cette amicale rencontre nous change de l’habitude trop didactique du reporter qui nous demande, au fond, d’assister passivement. .. Une autre exigence habite René Ballet. Il n’est pas précisément un reporter qui appliquerait à l’exercice de cette activité des qualités d’écrivain (ce qui, au demeurant, ne serait en rien négligeable) mais non: c’est essentiellement un écrivain qui possède fort bien et sait en user – n’en jamais abuser- l’art de se faire reporter…Plus il respecte l’exactitude et mieux il la restitue puisque, loin de la reproduire platement, il la porte, littérateur toujours en éveil, simplement vers ceci, d’une authenticité rare et difficile malgré les apparences: le récit… Il conte et raconte. Belle association, croyez-moi. Elle nous vaut d’excellents récits (je tiens au mot, j’y reviens) presque des nouvelles en certaines occasions, sur des rendez-vous clandestins au Chili, sur les Tontons Macoutes de Haïti, sur la Chine, sur Mexico la fascinante, sur Turin berceau des frères Agnelli, sur Londres ou Prague, et aussi sur la France, surprise en divers mouvements de sa société, sur un Paris toujours aussi singulier, en tant que tel inépuisable, également sur des activités de loisir (par exemple les courses automobiles) jamais abordées sous cet angle à la fois descriptif et critique; bref, contraints d’exister pour que nous les connaissions pleinement, dans toutes leurs dimensions humaines…. C’est cette mise en forme qui nous intéresse parcequ’elle suppose qu’intervienne alors ce qui manque trop au reportage routinier: l’atmosphère. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans cet ouvrage une esthétique qui nous ramène aussi, irrésistiblement, au romancier René Ballet, et à cet égard, je dois dire qu’il m’est arrivé plus d’une fois de penser à son roman L’hôtel des deux gares…

Roger Bordier – La Pensée


Un livre récent du journaliste et reporter René Ballet , fort estimable romancier par ailleurs, me donne l’occasion d’évoquer les domaines multiples de l’art d’écrire…Le reporter, le journaliste examine, écoute, inspecte. Sa démarche est d’abord matérielle, concrète…]’emprunte à René Ballet des lignes fort importantes : “Comme son nom l’indique, le rôle du reporter consiste à rapporter. Mais quoi? Une rédaction envoie un reporter pour couvrir un événement, une situation. Le terme couvrir est ambigu. On couvre pour cacher: couvrez ce sein que je ne saurais voir. On couvre pour protéger: un chef couvre ses subordonnés. Le rôle du reporter n’est pourtant pas de couvrir mais de découvrir”. Et René Ballet qui fut grand reporter ajoute qu’il est souvent mal vu de découvrir au sens de rapporter, de cafarder mais aussi au sens de découvrir ce qu’il est interdit de découvrir…René Ballet est un bon journaliste. Son introduction est brève et claire. Elle précède un choix d’articles où il démontre brillamment ses qualités de grand reporter…L’intérêt du recueil est géographique – les cinq parties du monde – mais aussi historique… C’est un vaste voyage que le reporter nous aide à accomplir . Le premier sujet est celui de l’histoire contemporaine…ainsi, cette vallée de Haute Savoie ou trente mille hommes, femmes et enfants sont aux prises avec dix mille tours à décolleter. Ou cet étrange et fascinant portrait de Camille Renault, collectionneur de tableaux en 1968…

Pierre Gamarra – Europe


René Ballet a parcouru le monde. Tel a été son travail. Mais, en humaniste, il ne pouvait garder pour lui ce qu’il a vu, vécu. De la terre morte d’Ethiopie au Chili de Pinochet, en passant par tous les endroits chauds et sensibles de la planète, il rassemble dans “Reporter de l’interdit” des reportages effectués…Il livre avec audace et cœur des témoignages émouvants, honorant son métier de journaliste de terrain, dans des situations difficiles. Tout à l’honneur de cet homme, fort dans l’esprit, pur dans ses convictions, et vrai dans ses écritures.

Le Perche


“L’imagination généreuse, la plume infatigable et une soif inextinguible d’aller vers les autres, font de René Ballet un reporter hors pair… L’écrivain qui a parcouru le monde pour les besoins de son travail a partagé tant de moments riches, qu’il ne pouvait les garder sans les faire partager… Alors, il les offre à ses lecteurs. Un livre magnifique écrit avec le coeur, du Chili redoutable de Pinochet à la terre morte d’Ethiopie, des trappeurs du Canada de North Bay à Marie, la grande dame d’en haut de la montagne pyrénéenne. Du bout du monde à l’autre côté de la rue.

Cet ouvrage remarquablement écrit est, en quelque sorte, le “best of“ des reportages de l’auteur…”

La République du centre


Dans ce nouvel ouvrage, René Ballet nous apporte un témoignage puissant de sa longue expérience de grand reporter. Découvrir le monde selon lui, c’est s’intéresser à tout et aller au-delà des apparences…

François Le Moing – Vanves-Infos

 

Sur Roger Vailland

Entretiens : Roger Vailland (René Ballet en collaboration avec Elisabeth Vailland) – Max Chaleil Subervie (1970)

  • Roger Vailland (René Ballet en collaboration avec Elisabeth Vailland) – Editions Seghers (1973)

Ce petit livre jouera un rôle important dans la connaissance réelle de Roger Vailland…L’étude de René Ballet retrace avec minutie ce qu’on pourrait appeler “l’évolution politique de Roger Vailland” si l’on ne s’avisait qu’à partir du moment où il a choisi son camp, il a moins “évolué” que donné des réponses à l’événement sur la base d’une fidélité globale qui ne s’est pas démentie…Vailland ne considérait nullement l’action comme un luxe d’aristocrate: au contraire, il vivait de plein-pied avec les travailleurs de sa région, faisant preuve constamment d’une modestie intellectuelle qui force le respect… Ces textes sont suivis par un abondant choix d’articles, car Vailland fut aussi un très grand journaliste…Ils témoignent d’une fidélité politique profonde…C’est ce que voulait montrer ce recueil : sans nul doute, il atteindra son but.

C.P. (La Nouvelle Critique)


…Ce petit livre d’Elisabeth Vailland et René Ballet est un ouvrage beaucoup plus important que la grosse thèse de Roger Picard parue chez Hachette ou l’étude psychanalytique de Jean Récanati…On reprochera peut-être à la troisième partie, l’étude de la vie et de l’œuvre de Roger Vailland par René Ballet d’être trop brève. C’est en tous cas un remarquable essai qui conjugue fort bien la biographie et l’analyse en profondeur. René Ballet a connu Vailland, mais son texte n’est pas seulement celui d’un témoin et d’un ami ; c’est le texte auquel il faut se reporter si l’on veut connaître l’essentiel sur Vailland…

Gilles Costaz (Combat)


…Ce livre qu’Elisabeth Vailland et René Ballet consacrent à l’écrivain est indispensable pour tous ceux qui aiment Roger Vailland, dont le nom est entouré d’une légende souvent fausse. Libertin, cynique, désinvolte, désabusé, homme au regard froid ? Frivole peut-être, mais militant communiste aussi…

F.T. (Tribune de Genève)


…Le présent livre d’Elisabeth Vailland et de René ballet précise la complexité singulière et généreuse, lucide et emportée de Roger Vailland, c’est-à-dire d’un homme qui fut exemplairement de notre temps et, à ce titre, entièrement promis à l’avenir…

Hubert Juin (Le Monde des livres)


  • Les mauvais coups de Roger Vailland – Préface de René Ballet – Editions Rombaldi (1971)

  • Le colonel Forster plaidera coupable de Roger Vailland – Préface de René Ballet – Editions Grasset (1973)

  • Présentation de l’oeuvre romanesque, de Roger Vailland – Livre Club Diderot (1974)

  • Présentation du Saint Empire, de Roger Vailland – Editions La Différence (1978)

  • Présentation des écrits de presse de Roger Vailland :

  • Tome 1 : Chronique des années folles à la Libération (1928-1945)

  • Tome 2 : Chronique d’Hiroshima à Goldfinger (1945-1965)

  • « La Visirova : Des Folies Bergères jusqu’au trône », de Roger Vailland – Editions Messidor (1986)

  • « L’épopée du Martin Siemens », de Roger Vailland (C.C.A.S. 1990)

  • Marat Marat, essai de Roger Vailland, par René Ballet en collaboration avec Christian Petr – Le Temps des Cerises (1995)

  • « N’aimer que ce qui n’a pas de prix », René Ballet en collaboration avec Christian Petr – Editions du Rocher (1995)

  • « Le conservateur des hypothèques », René Ballet en collaboration avec Christian Petr – Le Temps des Cerises – 1996

  • « Comment travaille Pierre Soulages », de Roger Vailland, par René Ballet – Le Temps des Cerises (1998)

  • « Le Soleil fou » (Nouvelle de Roger Vailland) présentée par René Ballet et Christian Petr – Le Temps des Cerises (1998)

  • « Eloge de la politique » de Roger Vailland, présentée par René Ballet et Christian Petr – Cahiers Roger Vailland – Le Temps de Cerises (1999)

  • « Le cinéma et l’envers du cinéma », de Roger Vailland, présenté par René Ballet et Christian Petr (en collaboration) – Cahiers Roger Vailland – Le Temps des Cerises (1999)

  • « Aphorismes », de Roger Vailland, présenté en collaboration par René Ballet et Christian Petr dans « Les Cahiers Roger Vailland » – Le Temps des Cerises (2000)

  • « De l’amateur », de ROger Vailland, présenté en collaboration par René Ballet et Christian Petr « Essai art et littérature » – Le Temps des Cerises (2001)

  • « Le roman social, une figure iconoclaste » de René Ballet sur Roger Vailland – Editions de l’Atelier (2002)

  • « Roger Vailland et l’Art », « une relation singulière » – Texte de René Ballet pour une exposition du Musée de Chintreuil (2005)

Sur Roger Vailland

Auteurs sur la ville (Editions Médianes, 1992)

Auteurs sur la ville (Editions Médianes, 1992)Strictement confidentiel. Agglomération rouennaise menacée de contamination. Stop. Foyer principal d’irradiation à Petit-Quevilly. Stop. Contacts suspects entre cinq récidivistes et la bande de la rue Paul Doumer. Stop. Préparent un coup. Stop. Trafic de la matière. Stop. Surveillance maxi… Et la BMW noire démarra. A son bord, deux “correspondants” de “l’Agence”. Deux spécialistes de la surveillance de cette matière plus précieuse et plus dangereuse que l’or ou l’uranium. Mais l’un déjà est irradié, placé en “zone rouge”. N’est-il pas trop tard?

René-le-Grenoblois, alias René Ballet est dans le coup. Ex public relations d’une multinationale, grand reporter, écrivain: sous ces diverses couvertures, cet ami de Roger Vailland a toujours pratiqué le trafic de la matière.

4e de couverture

 

“Auteurs sur la ville”, …est un roman de René Ballet qui a parfaitement dévié le programme qu’on lui avait confié. Le programme, c’était de suivre chacune des villégiatures d’auteurs organisées par le Théâtre Maxime Gorki (de Petit-Quevilly). On invitait un auteur dramatique pour deux semaines à Petit-Quevilly afin qu’il “sente” la ville et la région, qu’il rencontre des comédiens, des metteurs en scène, des lycéens, des spectateurs. A chaque fois, une lecture-spectacle proposait une mise en espaces des textes de chaque invité. Et René Ballet, journaliste, écrivain, suivait ces rencontres pour en faire un compte-rendu. Il a choisi la voie du roman, et du roman policier, qui plus est. Il y a donc une enquête sur une contamination qui risque d’asphyxier la ville. Le policier soupçonne cinq récidivistes qui se réunissent rue Paul Doumer, à Petit-Quevilly. Que trament-ils? Deux spécialistes de la surveillance démarrent sur les chapeaux de roues…

Paris-Normandie


Un drôle de polar…Faire d’une expérience théâtrale un roman policier, c’est le pari qu’a tenu René Ballet. Son drôle de polar est aussi un polar drôle… Il n’y a que Gorki pour replacer avec autant d’humour et d’originalité l’objet d’un vernissage. Présenter un livre n’a rien d’extraordinaire en soi. Sauf lorsque les personnages du polar en question sont présents et tout naturellement dans leur rôle…

Car ce roman est à la fois la conclusion de l’aventure 91 de ‘’Auteurs en villégiatures” et le début d’une autre, la création d’une collection théâtrale “villégiatures”…. J’ai voulu laisser une trace originale d’une expérience théâtrale originale” souligne René Ballet. “Je n’en dirai pas plus, un policier ne se dévoile pas”…Un vrai polar avec l’indispensable cadavre…Ce policier se lit comme un roman qu’il est, avec l’envie à chaque page de découvrir la suivante…

Marie-Paule Salmon – Paris-Normandie


…Des individus étranges s’occupent d’affaires insolites, qui se passent dans une ville de Normandie, Petit-Quevilly. Ils travaillent pour une agence, l’ICA, un code qui rappelle curieusement la CIA américaine…Ce roman original est né de confrontations, de recherches d’écriture dont on trouvera la genèse dans les dernières pages…Pour ne pas déflorer l’histoire née de l’imagination de René-le-Grenoblois, alias René Ballet, la rétention d’informations est de rigueur.

L’Humanité-Dimanche

Lettres Texanes (Messidor/libres propos, 1990)

Vingt-cinq essais Lettres Texanes (Messidor/libres propos, 1990)Bill débarque de son Texas natal pour visiter la French country. Soumise aux hautes pressions atlantistes, cette province de l’Europe communautaire est constamment battue par les courants d’ouest dominants. Il y observe les institutions et les mœurs curieuses des indigènes. Voici sa correspondance avec son ami Jonny resté au Texas.

4e de couverture

 

C’est voltairien, ça joue avec les mots :’’sous les jeux de mots, se joue le drame des choses”…Ces Lettres Texanes ont le bon goût de la liqueur forte qu’on prend à petites doses pour mieux la savourer…

Raymond Ménard – Paris Normandie


…René Ballet cisèle à petits coups de burin le portrait pathétique de l’époque…

Jean-Pierre Léonardini – L’Humanité


…Ce mince et plaisant recueil ne se cache pas de viser à la cruauté. Il y parvient souvent.

Alain et Odette Virmaux – Europe


…C’est une peinture incisive, d’un certain nombre d’idées reçues…II y a dans cette démarche un lien secret qui unifie l’ensemble, un courant anticonformiste et oxygénant.

Monique Houssin – Humanité Dimanche


…”Paris est redevenu le gay Paris. Saisi par une véritable fièvre de consommation: on fait la queue partout. Devant chez Fauchon, comme devant la nouvelle chaîne des restaurants du cœur. Même devant les agences de voyage ANPE…” : quelques phrases qui ouvrent la nouvelle création de René Ballet « Lettres Texanes »… .C’est un petit livre qui rassemble les lettres d’un jeune américain à son ami resté à Dallas. Des observations pas toujours naïves qui font rire et… peut-être nous mettent en cause…

L’écho républicain

Grandes plumes dans L’Humanité 1904/1939 – (Messidor, 1990)

Grandes plumes dans L’Humanité 1904/1939René Ballet nous invite à une sorte de promenade à travers les trente-cinq premières années de L’Humanité. Rien n’a été changé à la forme originelle. C’est le document écrit sur le champ avant le “bouclage”. Le document saisi à la sortie des rotatives. C’est encore tiède et ça salit les mains. Mais c’est le charme de l’actualité.

4e de couverture

 

René Ballet a fait le choix honnête de n’écarter personne, même si des collaborateurs du journal se sont ensuite éloignés des positions qu’ils défendaient.

Bruno Peuchamiel – L’Humanité


Puissent tous ceux qui écrivent s’inspirer de ces pages afin de garder à ce métier sa véritable noblesse.

Raymond Ménard – Paris-Normandie


La préface de René Ballet constitue une authentique contribution à la réflexion théorique.

Jean-Claude Lebrun – L’Humanité


…La présence de tant de signatures brillantes dans les pages du premier journal socialiste quotidien provoqua d’ailleurs un jeu de mots qui fit florès à l’époque : “ Ce n’est pas l’Humanité, mais les humanités…”

Claire Paulhan – Le Monde


« Des plumes prestigieuses ont écrit pour l’Humanité, de sa création en 1904 à son interdiction en 1939. Une forte anthologie regroupe des textes de 90 d’entre elles de Renoir à Mermoz, d’Aragon à Tzara, de Dullin à Barrault, de Pablo Casals à Honegger. C’est tonitruant, polémique, ravageur, cocasse, borné, vengeur, lyrique. »

Instant (Belgique)


Une « promenade » à travers les trente-cinq premières années de l’Humanité, de sa création par Jaurès en 1904 à la veille de la seconde Guerre Mondiale.

René Ballet a sélectionné les textes de 90 auteurs, d’Alain à Marcel Willard, sans oublier Jaurès, Tolstoï, Politzer, Langevin, Blum. Les uns et les autres évoquent la Guerre du Rif, l’aviation, les arts, le racisme, etc.

Office Universitaire de Recherche Marxiste – L’instant  (Belgique)

Des usines et des hommes – (Messidor/Editions sociales, 1987)

 Des usines et des hommesLe monde de l’usine en 1987 est ce monde de conflits. Monde en mutation. Les avis étaient partagés lorsque la direction commença à parler de “participation”.” Ces discussions n’apportent pas de certitude”, se plaint l’un des participants. “Elles soulèvent des questions”. Et si c’était la seule ambition de ce livre écrit “sur le tas”.
4e de couverture
Disparu, le monde ouvrier? Fadaise dit Ballet. Il mène l’enquête. Voici un Ballet nouveau qui propose un “ journal de voyage” dans ce monde si mal connu de l’entreprise…
L’intimité de l’auteur avec l’univers de l’usine lui permet de démonter les mille et un mécanismes de la politique patronale, d’indiquer comment peuvent cheminer les idées de résignation ou de résistance des salariés, bref, d’éclairer le fonctionnement de cette drôle de guerre qu’est la lutte des classes…

Gérard Streiff – Révolution


 C’est à un formidable voyage derrière les murs des entreprises que nous invite René Ballet avec ce livre…Il serait vain de vouloir présenter cet ouvrage dans toutes ses dimensions…A l’égard des femmes, l’usine est un monstre encore plus exigeant. Elles rentraient chez elles salies. Comme si l’usine les avait pénétrées, possédées, violées… Ce qui est remarquable, c’est que la multiplicité des questions abordées, leurs diversités biographiques et géographiques… aboutissent à un ouvrage fortement structuré qui se lit de bout en bout comme une seule histoire…Un livre bien ancré dans l’histoire d’aujourd’hui qu’il faut lire absolument.

Claude Billard – L’Humanité


 …Que cache-t-on derrière les grilles frontières des usines? René Ballet y découvre un étrange pays qui n’est plus la république française. La constitution y est remplacée par une sorte de loi martiale. Des “forteresses” mais des “forteresses patronales”. Un territoire où l’on peut être impunément brimé en fonction de son sexe, de son âge, de sa race ou de ses opinions…Que se prépare-t-il derrière ces grilles ? Ces fameuses mutations technologiques bien sûr, mais humaines aussi…Que les travailleurs prétendent s’occuper eux-mêmes de leur travail, de leur usine ! René Ballet a pu constater sur place le remue-ménage que cela provoque. Et pas seulement dans les sièges sociaux, mais dans les bureaux de techniciens, et dans les ateliers. C’est que c’est inouï, et l’inouï fait peur…

L’école et la nation


 Avec ce livre, René Ballet se livre à une enquête à la fois historique et contemporaine. Historique, lorsqu’il évoque les usines de grand-papa et les formes d’exploitation auxquelles étaient soumis les prolétaires du XIXème siècle, puis celles de la première moitié du nôtre. Contemporaine, en donnant la parole à des ouvriers et des ouvrières d’aujourd’hui, et de différentes générations. Ce reportage nous conduit en zig-zag aux quatre coins du pays…On y découvre la France industrielle, non pas à travers les cours de la Bourse, mais en rencontrant de simples producteurs de plus-value. Ce qui n’est pas si fréquent dans la littérature.

S.Z. – La vie ouvrière


 …C’est une sorte de voyage dans le monde interdit de l’usine…

Le peuple


…L’objet poursuivi par René Ballet est, comme il l’indique dès sa première ligne, une enquête sur le monde de l’usine, la vie des ouvriers, des salariés au travail : ses difficultés, ses drames et ses joies. Des luttes pour affirmer sa dignité, pas toujours victorieuses…Le monde de l’usine d’aujourd’hui n’est pas celui de 1900, ni même celui de 1936 ou 1950…Ce qui reste permanent, c’est la volonté patronale au travers de stratégies diversifiées et sans cesse renouvelées, de conserver un pouvoir assurant l’exploitation du travail humain…Ce travail descriptif fait avec tout le talent que l’on connaît à René Ballet…laisse au lecteur la faculté de tirer lui-même ses propres conclusions des faits qui y sont rapportés.

Francis Saramito – Droit ouvrier


Il s’agit d’un voyage parmi les hommes des usines. Dès les premières pages l’auteur raconte le début de la métallurgie, de la sidérurgie quand le patron était monarque. Mais les difficultés qu’il a rencontrées pour pénétrer dans les usines d’aujourd’hui montrent bien que la monarchie à l’entreprise est toujours actuelle. René Ballet nous donne beaucoup à réfléchir sur les mutations intervenues dans la classe ouvrière…Pourtant, ce n’est jamais une théorie. Les êtres rencontrés, hommes et femmes, sont extrêmement attachants, fiers et dignes. Même quand ses interlocuteurs atteignent les situations les plus dures, il n’y a pas place pour le désespoir mais pour la lutte et la solidarité.
Un ouvrage qui parfois ne manque pas non plus d’humour. Un livre qu’il faut lire tant il contient de richesses humaines.

Economie et politique


Journal de voyage, c’est ainsi que René Ballet qualifie son livre. Il ne s’agit pas d’un voyage géographique, même si l’on se promène un peu partout en France; ni d’une incursion historique, bien que la mémoire du passé joue un grand rôle dans l’éclairage du présent. En réalité, René Ballet nous entraîne sur la scène où se joue le plus grand drame humain qui puisse être. Celle où des millions d’hommes et de femmes passent littéralement leur vie. Quand ils ne la laissent pas, purement et simplement. C’est peu dire qu’il s’agit d’un voyage passionnant.

Jean Miaille – L’Humanité-Dimanche


On comprend mieux, en lisant cette descente dans la France profonde -la vraie- pourquoi ce sujet est recouvert d’une chape de silence dans les médias à la mode. S’il est un domaine ou la désinformation confine à l’intoxication, c’est bien celui-ci. S’il est une question ou la musique en vogue ne résiste pas à la réalité des faits, c’est bien celle-ci. Car il faut savoir de quoi l’on parle et enquêter sur le terrain avec tous ces oubliés de la France contemporaine. C’est ce qu’a réussi René Ballet…Il en ressort un livre original, constitué de tranches de vie poignantes et singulières, de dialogues imagés… Ainsi, la planète interdite ne l’est plus tout à fait…

Jack Dion. – L’Humanité Dimanche : La planète interdite


…Ce livre est d’une nature et d’une richesse qui tranche avec ce qui se publie dans la plupart des maisons d’édition…Le voyage est passionnant, dans les usines et parmi les hommes…un voyage où la circulation n’est pas libre…Autoritarisme, arbitraire, répression et abandon national, l’analyse est d’une extrême lucidité …C’est un vaste panorama, une caisse de résonnance des vies, du travail, des aspirations et des luttes des travailleurs, dans tous les secteurs de l’activité productive…Livre de romancier, livre de reporter qui décrit, analyse, démontre de J’intérieur le lien étroit, entre les hommes et leur usine, et son imprégnation dans la vie de tous les jours, dans leur conscience et dans leur identité…C’est ce qui fait la force de ce livre et son pouvoir de conviction . Il traite du vécu en donnant la parole aux ouvriers, aux employés, aux techniciens, aux cadres, mineurs, métallurgistes, chimistes, électroniciens…
Ils n’accusent pas l’usine, mais le capitalisme et son exploitation, ils ne dénoncent pas le travail, mais son dévoiement et son écrasement par le capital…
Le voyage auquel ce livre nous entraîne dans ce monde de l’usine et des hommes amorce des réponses, ouvre des pistes…Que René Ballet en soit remercié…

Gérard Alezard – Commission exécutive de la CGT

La France Ouvrière – Tome 3 « De 1968 à nos jours » Histoire de la vie ouvrière et du mouvement ouvrier français (Les Éditions Ouvrières – 1995)

La France OuvrièreCe livre de La France Ouvrière étudie conjointement l’histoire de la classe ouvrière et des mouvements, organisations et représentations qui en sont issus. Cette histoire globale est sans précédent. Les auteurs, avec la problématique largement ouverte, éclairent la complexité d’une réalité ô combien mouvante. Par là, ils aident la classe ouvrière et le salariat à écrire leur présent et à forger leur avenir.

Cet ouvrage réunit quelques-uns des meilleurs spécialistes et s’adresse tant aux historiens, étudiants, qu’aux militants syndicaux qui ont besoins de connaître leur passé, pour comprendre l’histoire en train de se faire.

(Auteurs : René Ballet, Jean Magniadas, Roger Martelli, Geaoges Pruvost, Danielle Tartakowsky, Serge Wolikow).

René BALLET est l’auteur de la 9ème partie du livre « Présence ouvrière dans les arts et La littérature de l’après-guerre ».

 


Une histoire très présente – Claude Lecomte – L’Humanité

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Une histoire très présente – Claude Lecomte

La boîte noire (Pamphlet) – (La collection Commune/ Le Temps des Cerises, 1997)

La boîte noireLa découverte de la boîte noire parmi les débris de l’appareil aidera à comprendre la cause de la chute.
4e de couverture

 
 
 

La politique, le pouvoir, les institutions…Dans un bref exposé, René Ballet essaiera de comprendre le rapport entre la classe sociale et l’expression “avoir la classe”. Mais quelle classe ?…

M.M. – Patriote Côte d’Azur

Vertu de l’insurrection – (Le Temps des Cerises, 2005)

Vertu de l’insurrectionL’insurrection est une tradition française : les Jacqueries, la Bastille, les Tuileries, 1830, les canuts, 1848, la Commune, l’été 1944. Les circonstances ne sont plus celles de l’été 1944, encore qu’il se mette à flotter sur le pays d’étranges relents de Vichy. Explosion collective et libération de désirs personnels, l’insurrection est aussi un plaisir…

4e de couverture

“Soumission : s’abaisser.” “ Insurrection : se relever, se soulever.” Qui ne choisirait entre les deux? Par nature, la générosité fera pencher vers cette réaction afin de ne pas accepter de ramper, de s’avilir. Et il suffit de relire l’histoire de France pour se sentir fier d’appartenir à ce peuple qui refuse d’abdiquer, de baisser la tête. Des Jacqueries à l’été 1944, en passant par la Bastille, les Tuileries, 1830, les Canuts, 1848, la Commune…La société française ne serait pas ce qu’elle est sans ces insurrections. Avec son style bien personnel, fort et puissant mais aussi coloré, René Ballet dissèque cette fermentation collective de désirs et de besoins qui bouillonne au fond de chaque individu, qui le rendra meilleur et lui permettra de se dépasser pour s’offrir le luxe de la liberté. Et René Ballet de se poser la question de savoir si, à notre époque où un vent de fronde agite la surface du quotidien et alors que se révèlent d’étranges relents de Vichy, notre bon peuple de France a encore, au tréfonds de lui-même, les vertus de l’insurrection.

Raymond Ménard – La République du centre

Vertu de l’inconvenance (Cahiers Roger Vailland) – Le Temps des Cerises, 2004)

 Vertu de l’inconvenanceL’inconvenance n’est pas une perversité innée. C’est le résultat d’un vertueux apprentissage.
Mais l’inconvenance est une valeur volatile.
Avec de radicaux – et douloureux – recyclages. Après des décennies de “réalisme” et de “sens des responsabilités”, que reste-t-il de la “grande provocation” ? Il est temps de réhabiliter l’inconvenance.

L’impossible portrait – Paul Vaillant-Couturier – (Choix de textes) – (Editions Le réveil des combattants, 1992)

Paul Vaillant-Couturier “ Un portrait criant de vérité !”, a-t-on coutume de dire devant certaines photographies. Il faut se méfier des expressions toutes faites, du “prêt-à-parler”. Un tel portrait ne peut être que “criant de mensonge”. Comment peut-on prétendre immobiliser, figer, éterniser, résumer des décennies de vies humaines en un 250 ème de secondes ? Aussi ne me hasarderai-je pas à tenter de faire l’impossible portrait de Paul Vaillant-Couturier. Je préfère le procédé des calques. Superposer des calques successifs et contradictoires. Ceux du poète précieux… et du fondateur de l’aviation populaire. Du dirigeant communiste…et du “braco”. D’un auteur de drame lyrique mystique.., et de pièces d’agit’prop. D’un homme qui a un siège à la Chambre des députés…et un numéro matricule à la prison de la Santé. Du petit garçon modèle de Passy…et du tribun populaire. Du pamphlétaire “rouge”…et du compositeur de chansons de campeurs. Ajoutez-y ceux du défenseur du droit à l’amour, de l’amateur de “bonnes bouffes entre copains” et du passionné de radio, de cinéma et de télévision (dès 1935).

Et ne vous rassurez-vous pas trop vite en comptant sur la chronologie pour résoudre ces contradictions. Là encore, méfiez-vous des expressions toutes faites : le temps n’arrange – n’efface – pas tout. Le temps n’efface même rien du tout. Chaque trace, chaque ride nouvelles s’ajoutent aux anciennes. Pour les approfondir ou les troubler. Jamais pour les gommer. Cette illusion dissipée, regardons la superposition des calques. “Ça bouge”, protesterez-vous.
Exactement. Comme la vie d’un homme et, à plus forte raison, d’un homme nommé Paul Vaillant-Couturier. A défaut d’encadrer son portrait bien “posé”, remontons le cours de sa vie.

René Ballet


Qu’est-ce qui peut bien faire de l’étudiant modèle de Janson-de-Sailly, du jeune poète fréquentant les salons littéraires de la capitale, du jeune avocat promis à un bel avenir, de ce fils de la soprano Marguerite Vaillant et du baryton Félix Couturier, le révolutionnaire, rédacteur en chef de l’Humanité, membre du Comité central du Parti communiste, député-maire de Villejuif ? Sa jeunesse où rejeté par les fils à papa, il forme à Janson le groupe “Entre nous” avec Raymond Lefebvre, Guy de La Batut et Jean d’Espouy. Sans doute. La rencontre des œuvres de Romain Rolland et d’Alfred Jarry ? Certainement. Sa participation au meeting de Jaurès au Pré-Saint-Gervais en 1913 ? Bien sûr. Mais la guerre, surtout la guerre qui va lui faire découvrir la boucherie en même temps que la réalité sociale… .Et ce n’est pas qu’en politique que Vaillant est révolutionnaire: Tous les sujets qu’il affronte passent à la moulinette de sa critique. René Ballet en cite d’excellents exemples. qu’il présente et commente efficacement.

Claude Lecomte – L’Humanité

Bourges, une affaire de coeur (Messidor 1985)

Bourges, une affaire de coeurOu, plus précisément, “une affaire de Jacques Cœur”, on dirait aujourd’hui la JC international company. Il y avait foule, ce soir de septembre 1450, dans la cour du palais Jacques Cœur: le maître des lieux fêtait la nomination de son fils comme archevêque de Bourges. Une foule bourdonnante.
– C’est le vrai roi de Bourges…
– Un roi né d’une bouchère et d’un marchand de peaux.
– Mieux qu’un roi, un empereur avec ses sociétés en Europe, ses comptoirs en Orient…
– Et sa chapelle à la cathédrale, et un fils archevêque…
– Il s’est associé avec Dieu.
– Un ancien faux monayeur ?
– Mais qui a contrôlé la table et l’alcôve du roi. Assez riche aujourd’hui pour tout s’offrir, assez riche même pour offrir des victoires militaires au roi.
4e de couverture
Ce livre consacré à Bourges ne ressemble en rien à ceux déjà parus…C’est l’œuvre d’un écrivain habitué à manier la fiction pour mieux cerner le réel. Il joue des époques et des personnages. Il passe de l’évocation du procès de Jacques Cœur aux problèmes de la vie quotidienne dans le quartier nord de la ville, des mésaventures du grand juriste Cujas, disciple de Rabelais, à la situation actuelle des industries d’armement, du révolutionnaire Lazare Carnot à la Résistance, des premiers pas du mouvement ouvrier à la musique expérimentale. C’est un incessant aller-retour du passé au présent, une sorte de promenade vivante, instructive, passionnante.

Guy Silva – L’Humanité


 Clin d’œil à l’histoire, regard au présent, René Ballet a construit un livre curieux, un album insolite, sûrement pas un panégyrique, ni un recueil photos pour visiteurs pressés…Bref, c’est ce qu’on appelle un beau livre. La structure du récit surprend par l’imbrication de divers modes d’expression. Dialogues fictifs entre les acteurs de l’histoire, le roi de France, un magistrat, un bourgeois de la ville et, parfois, une voix contemporaine, un berruyer: swing parfaitement littéraire, plein d’humour au demeurant…Des premiers chapitres, surgissent deux images alternées: celle de l’urbanisme du centre, marqué par le Moyen-Age gothique et de Bourges-Nord, grand ensemble des années soixante. Faire vivre harmonieusement cet ensemble, c’est l’un des défis du futur…Ce livre est une réussite.

Anna Clerc – Révolution


 Reporter et romancier, René Ballet a su allier, d’une façon parfaite, les deux facettes de sa personnalité. C’est du ciel, dans un avion d’un aéro-club, qu’il a commencé à comprendre Bourges…Mais c’est les pieds sur terre qu’il a effectué l’analyse du terreau. Il nous propose une belle balade dans le temps, passé-présent, comme une sorte de va-et-vient… La facture littéraire de cet ouvrage, hors du commun, rend sa lecture fort attrayante. Sous la houlette de ce guide…on se laisse entraîner dans le sillage de personnages illustres qui ont marqué d’une manière ou d’une autre la ville de Bourges.

G.S. – L’Humanité-Dimanche

Montluçon: bâtir la vie – (Messidor-Editions sociales, 1988)

Montluçon: bâtir la viePourquoi les grandes usines métallurgiques de Montluçon devinrent-elles un cimetière industriel et pourquoi un parc tertiaire surgit-il sur ces friches ? Pourquoi boutiques de luxe et agences bancaires envahissent-elles le quartier ouvrier de la Ville – Gozet et pourquoi, dans les grands ensembles, des familles sombrent-elles juqu’à en perdre la notion du temps ?
René Ballet a pris le pouls de cette ville sinistrée et renaissante. Parcourant le centre. Traînant dans des bistrots sortis d’un film de Carné.

Le réalisme socialiste, ce bel inconnu – En collaboration avec Christian Petr (La collection commune/Le Temps des Cerises, 1999)

Le réalisme socialiste, ce bel inconnuIl a été un espoir, un projet. Puis il est devenu un modèle et a fait des victimes: certains y ont perdu la vie, d’autres la parole. Mais c’était l’œuvre d’un falsificateur opérant sous une fausse identité. Le véritable réalisme socialiste reste un bel inconnu à découvrir.
4e de couverture
…René Ballet et Christian Petr s’occupent d’un zombie, le réalisme socialiste: ce revenant a le mérite du vivant, malgré quelques funérailles textuellement estampillées. Aucune doctrine littéraire, en effet, n’a été plus malmenée, décriée, clouée au pilori de l’outrage: le réalisme socialiste paraît intégré au pire dogmatisme, les années noires staliniennes… Cependant, le réalisme socialiste hante notre culture: les condamnations-exorcismes à répétition, étalées dans le temps, en témoignent. René Ballet et christian Petr restituent le concept dans toute sa virulence, sa force de scandale. Ils donnent à lire des textes de référence fournis par l’autorité politique après un long regard sur l’évolution des formes et des contestations au XXème siècle… Ils nous offrent, pour notre plaisir, un délicieux et souvent surprenant florilège de citations…
Cet opuscule appelle probablement questions, compléments, rectifications, objections. Ses auteurs se refusent à être des “maîtres à penser”. Ils n’ont pas écrit un traité, mais un essai, non une thèse, mais un brûlot…René Ballet et Christian Petr n’ont voulu, dans l’urgence, que souligner cette relation, devenue innommable, entre esthétique et politique.

Jean Sénégas – Cahiers Roger Vailland

Portraits de famille (Le Temps des cerises, 1995)

Un projet original, qui associe enfants et monde du travail, à l’initiative du ministère de la Culture, en collaboration étroite avec l’Association des bibliothécaires français.

Images d’entreprises, de leur métiers, de leur histoire…

Saisie de paroles, d’images, d’odeurs, d’émotions…

Regards de jeunes sur dix entreprises, dans dix villes de France.

Imagination, découverte, plaisir, associés à recherche, travail d’enquête et production écrite… textes d’auteurs, de jeunes, autour d’une aventure partagée, arrimée à la mémoire, à l’histoire, celle des hommes, celle de leur vie.

Un projet dans lequel se sont associés des bibliothèques de Comités d’entreprise, des bibliothèques municipales, des services d’archives et dix écrivains : René Ballet, Annie Cohen, Giorda, Johanne Klein, Roger Martin, Pierre Mezinski, Ricardo Montserrat, Gérard Noiret, Michel Séonnet, Jean-Pierre Spilmont.

Une aventure que les graphistes du groupe « Nous travaillons Ensemble » ont traduit en une exposition présentée au Centre des Archives du Monde du Travail, à Roubaix, à l’occasion du « Temps des Livres 1995 » et du cinquantenaire de la création des Comités d’entreprise.

4e de couverture

 

 

 

Fabien se retourna et leva le pouce en direction des voitures qui passaient. Sans succès. Il allait se remettre en route lorsqu’une vieille 2 CV s’arrêta avec des soubresauts d’agonisante. Fabien s’installa tant bien que mal, en repoussant de vieux journaux et des cartons vides. Ahmed, le conducteur, était né à Alger.

– Je vais à Ugine, dit Ahmed. Je travaille aux aciéries. Et toi, où vas-tu?

– Nulle part, dit Fabien. Nulle part mais loin.

René Ballet

L’Affaire Antigone

L’Affaire antigone (1991)

Pièce mise en scène par Christine Farré, théâtre de la clef à Paris

Le nom d’Antigone évoque la Grèce antique. L’Affaire antigone, elle, raconte une histoire d’aujourd’hui. Elle pose une question -oh combien actuelle !-: peut-on récrire, refaire l’histoire, transformer une sanglante mais grandiose tragédie en comédie de boulevard ?
La pièce révèle quelques-uns des procédés utilisés. La loi de l’argent pesant sur les créateurs (symbolisée par l’intervention de l’huissier). Les moyens de pression sur l’opinion: grands médias et sondages. Le rôle anesthésiant du faux discours humaniste. Ce sont les traits du nouveau totalitarisme (moderne, propre, “cool”) qui prend la relève de Créon, le vieux tyran primitif, dépassé. Réussira-t-il à s’imposer? On peut le craindre. Même Antigone semble sur le point de renoncer. Jusqu’à son sursaut final. Espoir ? L’auteur n’apporte pas de réponse. Il étale les pièces de l’Affaire Antigone. Au spectateur de juger, de prendre parti.
La forme de la pièce évolue au cours de l’action. De la prose tragique de Sophocle à la comédie satirique. Avec intervention de l’audiovisuel pour que le spectateur assiste en direct à la transformation de l’Antigone du refus en une Antigone du renoncement, de la vraie Antigone en une Antigone de synthèse.
L’Affaire antigone est une farce mais une farce tragique, car c’est d’une des grandes menaces de notre époque qu’elle traite.

René Ballet