89 bis

L'Affaire Antigone - 89 bis

89 bis est le scénario d’un spectacle interprété par la Chorale populaire de Paris et les comédiens de La Cocarde en 1989 pour fêter le bicentenaire de la révolution de 1789.

Scénario René Ballet

 

89 Bis est un spectacle satirique. À cela deux raisons : 1789 n’est pas 1871. 1871 reste un évènement inconcevable, donc non présentable, le premier gouvernement ouvrier du monde ! En revanche, 89 a depuis longtemps été récupéré par presque tout le monde.

89 Bis est un spectacle ironique, pas trop long : 1 h 30, visant moins à exalter la Révolution qu’à démonter, à détruire l’image aseptisée que certains veulent nous montrer.

Pas de décors, d’accessoires, de costumes historiques, tout se passe en 1989, dans un studio de télévision.

La Chorale Populaire de Paris donne là un spectacle ininterrompu, d’un seul tenant.

89 Bis n’est ni un récital de chants révolutionnaires ni une pièce de théâtre, avec 89 Bis, la Chorale Populaire de Paris utilise ses deux moyens d’expression.

Cinq grands thèmes dans 89 Bis :

  • Prologue : 89 est bien gênant pour certains,
  • 4 août en nocturne : les paysans et la liberté,
  • Noir comme le sucre: les esclaves des colonies et la liberté,
  • 17 Juillet 91, le jour où la Révolution aurait dû s’arrêter : les ouvriers et la liberté,
  • Final : 89 n’est pas terminé !

 

 

Voilà 89 Bis par la Chorale Populaire de Paris. Ce spectacle est de René Ballet (grand reporter à l’Humanité Dimanche), la mise en scène de Christian Ferrari, chef de choeur : Jean-Claude Chambard.

L’Affaire Antigone

L’Affaire antigone (1991)

Pièce mise en scène par Christine Farré, théâtre de la clef à Paris

Le nom d’Antigone évoque la Grèce antique. L’Affaire antigone, elle, raconte une histoire d’aujourd’hui. Elle pose une question -oh combien actuelle !-: peut-on récrire, refaire l’histoire, transformer une sanglante mais grandiose tragédie en comédie de boulevard ?
La pièce révèle quelques-uns des procédés utilisés. La loi de l’argent pesant sur les créateurs (symbolisée par l’intervention de l’huissier). Les moyens de pression sur l’opinion: grands médias et sondages. Le rôle anesthésiant du faux discours humaniste. Ce sont les traits du nouveau totalitarisme (moderne, propre, “cool”) qui prend la relève de Créon, le vieux tyran primitif, dépassé. Réussira-t-il à s’imposer? On peut le craindre. Même Antigone semble sur le point de renoncer. Jusqu’à son sursaut final. Espoir ? L’auteur n’apporte pas de réponse. Il étale les pièces de l’Affaire Antigone. Au spectateur de juger, de prendre parti.
La forme de la pièce évolue au cours de l’action. De la prose tragique de Sophocle à la comédie satirique. Avec intervention de l’audiovisuel pour que le spectateur assiste en direct à la transformation de l’Antigone du refus en une Antigone du renoncement, de la vraie Antigone en une Antigone de synthèse.
L’Affaire antigone est une farce mais une farce tragique, car c’est d’une des grandes menaces de notre époque qu’elle traite.

René Ballet