Montluçon: bâtir la vie – (Messidor-Editions sociales, 1988)

Montluçon: bâtir la viePourquoi les grandes usines métallurgiques de Montluçon devinrent-elles un cimetière industriel et pourquoi un parc tertiaire surgit-il sur ces friches ? Pourquoi boutiques de luxe et agences bancaires envahissent-elles le quartier ouvrier de la Ville – Gozet et pourquoi, dans les grands ensembles, des familles sombrent-elles juqu’à en perdre la notion du temps ?
René Ballet a pris le pouls de cette ville sinistrée et renaissante. Parcourant le centre. Traînant dans des bistrots sortis d’un film de Carné.

Le réalisme socialiste, ce bel inconnu – En collaboration avec Christian Petr (La collection commune/Le Temps des Cerises, 1999)

Le réalisme socialiste, ce bel inconnuIl a été un espoir, un projet. Puis il est devenu un modèle et a fait des victimes: certains y ont perdu la vie, d’autres la parole. Mais c’était l’œuvre d’un falsificateur opérant sous une fausse identité. Le véritable réalisme socialiste reste un bel inconnu à découvrir.
4e de couverture
…René Ballet et Christian Petr s’occupent d’un zombie, le réalisme socialiste: ce revenant a le mérite du vivant, malgré quelques funérailles textuellement estampillées. Aucune doctrine littéraire, en effet, n’a été plus malmenée, décriée, clouée au pilori de l’outrage: le réalisme socialiste paraît intégré au pire dogmatisme, les années noires staliniennes… Cependant, le réalisme socialiste hante notre culture: les condamnations-exorcismes à répétition, étalées dans le temps, en témoignent. René Ballet et christian Petr restituent le concept dans toute sa virulence, sa force de scandale. Ils donnent à lire des textes de référence fournis par l’autorité politique après un long regard sur l’évolution des formes et des contestations au XXème siècle… Ils nous offrent, pour notre plaisir, un délicieux et souvent surprenant florilège de citations…
Cet opuscule appelle probablement questions, compléments, rectifications, objections. Ses auteurs se refusent à être des “maîtres à penser”. Ils n’ont pas écrit un traité, mais un essai, non une thèse, mais un brûlot…René Ballet et Christian Petr n’ont voulu, dans l’urgence, que souligner cette relation, devenue innommable, entre esthétique et politique.

Jean Sénégas – Cahiers Roger Vailland

Portraits de famille (Le Temps des cerises, 1995)

Un projet original, qui associe enfants et monde du travail, à l’initiative du ministère de la Culture, en collaboration étroite avec l’Association des bibliothécaires français.

Images d’entreprises, de leur métiers, de leur histoire…

Saisie de paroles, d’images, d’odeurs, d’émotions…

Regards de jeunes sur dix entreprises, dans dix villes de France.

Imagination, découverte, plaisir, associés à recherche, travail d’enquête et production écrite… textes d’auteurs, de jeunes, autour d’une aventure partagée, arrimée à la mémoire, à l’histoire, celle des hommes, celle de leur vie.

Un projet dans lequel se sont associés des bibliothèques de Comités d’entreprise, des bibliothèques municipales, des services d’archives et dix écrivains : René Ballet, Annie Cohen, Giorda, Johanne Klein, Roger Martin, Pierre Mezinski, Ricardo Montserrat, Gérard Noiret, Michel Séonnet, Jean-Pierre Spilmont.

Une aventure que les graphistes du groupe « Nous travaillons Ensemble » ont traduit en une exposition présentée au Centre des Archives du Monde du Travail, à Roubaix, à l’occasion du « Temps des Livres 1995 » et du cinquantenaire de la création des Comités d’entreprise.

4e de couverture

 

 

 

Fabien se retourna et leva le pouce en direction des voitures qui passaient. Sans succès. Il allait se remettre en route lorsqu’une vieille 2 CV s’arrêta avec des soubresauts d’agonisante. Fabien s’installa tant bien que mal, en repoussant de vieux journaux et des cartons vides. Ahmed, le conducteur, était né à Alger.

– Je vais à Ugine, dit Ahmed. Je travaille aux aciéries. Et toi, où vas-tu?

– Nulle part, dit Fabien. Nulle part mais loin.

René Ballet