Retour à Santopal - René Ballet

Retour à Santopal. Dans un bidonville de Santopal, Juan le jeune chien fou court après la vie. Après la victoire du Front populaire, tous les rêves sont permis. Et puis, un matin, les chars dans les rues. René Ballet se livre dans ce roman à l’autopsie d’un coup d’Etat comme les Etats-Unis savent les organiser.

4e de couverture

 

René Ballet a été grand reporter, a voyagé dans le monde et s’est trouvé au Chili sous la dictature de Pinochet, mêlé aux événements tragiques qu’il décrit dans ce roman. Son écriture reflète cette expérience de celui qui voit, écoute et rapporte. Elle en a une netteté, une concision qui augmentent sa rigueur.

Pierre Gamarra – Europe


Ce roman d’initiation, entrelardé, comme souvent chez lui, de coupures de presse, d’aphorismes, de paroles rapportées qui jouent avec la réthorique révolutionnaire (il nous y est rappelé au demeurant qu’il est moins difficile de faire l’amour que le communisme) nous le montre en tous cas au meilleur de sa forme. René Ballet pose, par le biais de l’écriture, des questions majeures.

Alain (Georges) Leduc – Liberté-hebdo


René Ballet connaît bien le Chili. Sous Pinochet, il a enquêté clandestinement dans le pays soumis à la police du dictateur fasciste… Son roman se déroule donc pour l’essentiel au Chili justement dont le nom n’est jamais mentionné, pas plus que celui des villes où se déroule l’action. Ainsi Santiago devient Santopal… La victoire du président de gauche est accueillie par des manifestations où s’exprime l’allégresse populaire. Juan participe à la joie des travailleurs.
Mais le dictateur s’empare du pouvoir par la violence. Juan est laissé pour mort dans une rue qu’a ratissée la soldatesque du nouveau régime. Il vit pourtant et est sauvé par Batavia, le bourlingueur “rouge”… Au travers de multiples aventures, il subit une profonde mutation. Sous un nouveau prénom, il gravit les échelons sociaux. Le voici cadre supérieur d’une multinationale américaine… Aux ordres de son entreprise, il est amené à revenir à SantopaI. .. Peu à peu, au travers de nombreuses difficultés psychologiques, il rompt la cuirasse dont il s’était revêtu et se fraye un chemin vers la liberté. La liberté qui était celle de sa jeunesse, quand il luttait au côté des travailleurs, victimes comme lui de l’exploitation…Et il retrouve le chemin de la lutte en même temps que sa personnalité profonde. Les dernières lignes du roman confirment cette résurrection : “Réapprendre à se battre. Il ne sait pas très bien comment, ni pour quoi, mais il n’est plus seul”.

Michel Buenzod – Gauchebdo


Ce n’est pas la guerre d’Espagne qu’évoque le roman de René Ballet, mais le Chili. Il ne se centre pas sur le coup d’Etat mais bien plus largement, retrace l’histoire d’un gamin des bidonvilles, Juan, qui apprend bien à l’école (religieuse), que le curé pousse à continuer, qui est un jeune homme heureux au moment du Front populaire, et qui a pour mission de continuer la lutte autrement, une fois la dictature installée. Et c’est beau et poignant. Parce-que rien n’est simple, et parce-qu’il importe qu’on se souvienne, et qu’on comprenne…. Juan qui a perdu sa compagne et le goût de vivre, va retrouver une raison d’être: il devra infiltrer une entreprise nord-américaine qui s’installe en Amérique latine. Juan doit changer d’identité, tel un Lorenzaccio, il doit devenir plus “patron” que le patron, pour, un jour, être utile au bon endroit…Mais dans les usines qu’il dirige, les ouvriers revendicatifs sont victimes d’accidents…et il est le boss, aucun ouvrier ne lui fera confiance…
Alors ? Vingt ans de dictature, ça laisse des traces. Comment croire à un avenir différent ?
Le roman de René Ballet est très éclairant sur le Chili, et surtout il résonne de toutes nos peurs, de toutes les ambiguïtés, de toutes les complications d’aujourd’hui. On se sent seul. Et où on est si nombreux à se sentir seuls.

Evelyne Pieiller (L’Humanité-hebdo)


Retour à Santopal est inspiré d’un reportage clandestin que René Ballet a réalisé pour L’Humanité au Chili en 1976 au début de la dictature militaire. A Santiago, il rencontre des chiliens qui aident les victimes de la répression. La découverte des bidonvilles et ses rencontres avec la population locale ont marqué l’écrivain et inspiré notamment les personnages de Juan et de Batavia dans ce roman.

François Le Moing (Vanves-Infos)


Retour à Santopal est l’histoire d’un homme, Juan, né dans un bidonville d’Amérique latine. Tous les rêves lui sont permis après la victoire du front populaire, dans son pays où il est né dans la misère. Hélas, après la révolution, l’exil se dessine pour lui. Juan revient à Santopal vingt ans après mais tout a changé, et lui aussi ! Et pourtant, si les gens ne sont plus les mêmes, les convictions sont encore là, les racines de l’espoir renaissent, et la résistance continue… Une histoire passionnante qui bouleverse et dépayse, tout en étant toujours d’actualité !

Le Réveil Normand


Il appartient à la race des baroudeurs de l’écriture. Et tout ce qu’il touche, il le transforme en diamant. .. Chacun de ses romans est une plaidoirie en faveur de ceux que la vie a meurtri… Grand reporter clandestin au Chili sous Pinochet, René Ballet offre une autopsie dont il a le secret, de l’un de ces coups d’Etat réussis par les Américains dans ces pays où ils veulent garder la maîtrise…
Ce roman, le treizième de René Ballet, reste une œuvre solide, dans la lignée de ses autres ouvrages. Il prolonge la production de cet auteur attachant, fidèle à ses idées humanistes.

La République de Centre

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