Echec et mat – Gallimard, 1960

Echec et mat - René Ballet

Une jeune femme monte dans le train pour fuir Paris qui la brûle. Elle préfère finalement la mort à la pénombre. Que sait-on d’elle? Un visage d’oiseau, des yeux traqués. Son prénom invraisemblable : tout le monde l’appelait Ki. L’existence de quatre personnes a coupé la sienne. Ki apparaît en filigrane dans leur témoignage. Pour l’étudiant lyonnais, elle est inséparable du “groupe” et des nuits blanches de l’été 1956. Le sculpteur breton lui doit sa plus belle œuvre. Hélène et Raca ont voulu la tirer de son monde irréel. Elle en est morte. Pourquoi? Au lecteur de mener l’enquête.
Toutes les pièces du dossier lui sont transmises.

4e de couverture

 

Ki s’est jetée du rapide qui la ramenait de Paris à Lyon. Pourquoi? Quatre hommes qui ont vécu avec elle témoignent de ce qu’ils croient qu’elle fut. Le thème n’est pas neuf, mais la présentation est originale et elle donne de l’allure au roman.

Bernard Gaudez – Le Progrès


Le jeune romancier René Ballet nous convie à participer à un jeu de son invention. Un jeu passionnant, en vérité: une femme a été trouvée morte sur la voie de chemin de fer, entre Paris et Lyon. Crime ou suicide? …Cette définition très fragmentaire bien entendu, laisse la part belle au lecteur. A lui d’imaginer, de supputer… Le personnage énigmatique et pétri d’ombre de la jeune femme s’y prête très bien…

Le soir de Bruxelles


L’auteur a su, d’une manière originale, poser un problème si souvent déjà abordé. Et l’on est pris non pas tant par la personnalité de son héroïne que par le jeu intellectuel qu’il nous propose.

Ginette Guitard-Auviste – Figaro Littéraire


René Ballet a donné à son premier livre une structure originale. A peine un roman : un dossier plutôt. Mais nous nous surprenons à étudier le froid document avec intérêt, à essayer de comprendre l’évolution psychologique d’un être, écrasé par ce nouveau “mal du siècle” : l’impuissance à vivre par peur de vivre.

Ginette Guittard-Auviste – Défense de l’occident


L’art de René Ballet aura été de nous présenter un cas hors série et de nous dire : “A vous de juger”. Son procédé est adroit car il tisse un mystère là où la simple révélation aurait risqué de décevoir.

Cl. de R. – La république du Var


Qui est Ki ? Le jeu semble commander ici, on le voit, même au choix du nom du personnage, et c’est presque une absence de nom. Ki est une jeune fille qui s’est suicidée… Mais quelque chose dans le livre nous dit que René Ballet a d’autres parties à jouer…

André Stil – L’Humanité

Les jours commencent à l’aube – Gallimard, 1961

Les jours commencent à l'aube - René Ballet

Les jours commencent à l’aube. Claire et Philippe se sont désirés, se sont déchirés, se sont mariés. Chacun est le témoin de la jeunesse de l’autre, de ses illusions, de sa faillite; chacun est possédé par l’autre. Il ne peuvent plus vivre ensemble: Philippe lance leur voiture contre un mur, les jours finissent à l’aube. Ils ne savent pas mourir ensemble; au dernier moment, Philippe redresse. Claire s’est remariée avec Marc.D’une ancienne paralysie, Marc conserve un corset de cuir qui lui donne un maintien raide et un surnom, le Colonel. Claire ne cache rien à Marc. Marc ne cache rien à Claire. Leurs rapports ont la transparence et la froideur du verre.
Pour Marc, le plaisir est la chose la plus sérieuse de la vie. Il a pris jadis son plaisir à la guerre, puis aux luttes politiques. Il prend maintenant son plaisir avec Claire… Claire, Marc et Philippe se retrouvent sur une île des Cyclades. Le Meltemi “vent du nord” y règne sur les nerfs. Quand il s’arrête, une torpeur de plomb s’abat sur l’île… Claire restera-t-elle avec Philippe ou avec Marc ? Pour Philippe, renouer avec Claire c’est retrouver sa jeunesse. Pour Marc, l’amour est un jeu d’adresse et de réflexion.

4e de couverture

 

Qu’ont-ils fait d’autre depuis des années que d’interpréter une comédie ? se demande Philippe dans la voiture qui le ramène chez lui, en compagnie de Claire, sa femme, et qu’il souhaiterait voir devenir la moderne tombe de leur vie commune et de leur vie tout court. .. Comédie…C’est bien en forme de pièce que le roman est mené…Quel est le sens de la pièce? “Démystifier la passion” nous dit-on. Noble ambition, s’il y avait eu, ici ou là, l’expression de la passion que traduit seulement un va-et-vient d’êtres influencés par le moment et l’être qui passent.

Lia Lacombe – Lettres Françaises


La fougue de René Ballet, c’est aussi de l’animosité: ses personnages sont constamment dressés les uns contre les autres. On ne traite pas: il n’y a que des victoires et des défaites. Ce ne sont pas des amants mais des antagonistes.

Le nouveau Candide : Les épilogues de Cunégonde


Etonnant personnage, ce Marc qui, ayant pris successivement son plaisir à la guerre puis aux luttes politiques, le prend maintenant avec Claire… Voilà Claire et Marc sur une île des Cyclades…Où ils retrouvent Philippe… Philippe renouera-t-il avec Claire ? Marc l’emportera , qui applique les théories de Clausewitz aussi bien à l’amour qu’à la guerre.

Pierre-Gérard Michel – Le Berry Républicain


…Les mérites de son second roman de René Ballet sont nombreux. A nous de rêver et de réfléchir autour de l’histoire de Claire et de Philippe, êtres jeunes, mariés ensemble, qui, découvrant la faillite de leur vie, tentent de mourir dans un accident volontaire de voiture…A nous de comprendre le rapprochement de Claire et de Marc, sorte de jouisseur…et l’examen de conscience de Claire, qui hésitera entre le curieux Marc et le tendre Philippe…

Christian Gali – Le Progrès

L’inutile retour – Gallimard, 1962

…Roman de la désespérance qui n’en est pas moins très constructif, très positif…

Tribune de Lausanne


…Roman amer où l’absurdité n’arrive pas à l’emporter sur le remords. Pour lecteurs avertis.

La Libre Belgique


…C’est un roman crispé, grinçant, animé d’une violence intérieure.

Lia Lacombe – Lettres Françaises


…”Un inutile retour” sur lequel il sera et fera toujours bon de revenir.

Jean Fangeat – Le Dauphiné Libéré


…René Ballet a su exprimer le désarroi de certaines âmes. Son livre est beau.

Ch de R. – La République du Var


…Dans le thème du roman, on retrouve les échos des événements de notre époque…Tous deux (Dany et Elena) connaissent un François qui ne lui ressemble pas…Ils se séparent au petit matin et il retourne se battre.

L’école Libérée


…René Ballet accomplit un tour de force en traitant un thème dramatique sans nulle outrance, avec une certaine fluidité…

Véra Volmane – Nouvelles Littéraires


…Il ne sert à rien de passer une frontière pour déserter ses souvenirs…

Signes des temps


Pourquoi l’auteur a-t-il choisi un tel sujet qui met le lecteur mal à son aise ? Pourquoi ces caractères morbides et veules ? Pourquoi ce ton parfois blasphématoire ?…L’auteur, qui a du talent, devrait chercher d’autres sujets…

Forces aériennes françaises


L’auteur, actuellement journaliste dans un magazine automobile, a senti son sujet…L’intrigue est bien menée…

Paul Blanc – Chronique radiophonique, Alpes-Grenoble

Dérive – Calmann-Lévy, 1972

Dérive

Dérive. Il y a eu Emilienne. Il y a Mic. Il y aura l’inconnue. Trois femmes? Non, une. Le miroir est à trois faces, mais la présence est la même, qui élude toute prise et demeure, même absente, avec son secret jalousement gardé. Face à elle, Vincent, le lanceur d’idoles, qui a voulu faire de la cover-girl, la femme-mythe à deux dimensions. Situé dans le monde international de la mode et des émeutes de mai 1968, des nuits d’Antonioni et d’un Paris-Alphaville à la Godard, et plages au petit matin, ce récit stendhalien éclate soudain pour se muer en un jeu incantatoire de l’imaginaire.

4e de couverture

 

Insolite et remarquable livre: succession de pièges diaboliquement agencés, en puzzle, par un auteur qui possède une science absolue du roman et du cinéma : montage alterné, flash-forward objectif et subjectif n’ont aucun secret pour lui. Dérive, j’allais écrire Délire, est une oeuvre de rupture, où il est dit qu’une fiction n’est pas un simple énoncé figuratif de situations imaginaires plus ou moins nourries de réel, ce qu’on nomme le background. Le livre de René Ballet existe par son refus d’être seulement un roman brillant de plus, ainsi que le laissait présager une première partie sans difficulté. Œuvre de collage, déformée, distordue…,

Michel Grisolia – Magazine littéraire


Entre Vailland et Godard. Curieux roman que ce nouveau livre de René Ballet. Ses deux premières parties sont d’une manière traditionnelle et la dernière vient brouiller notre vision. Le roman bascule. Apparaît un nouveau personnage, René B., le romancier. Il voudrait montrer à Vincent le roman qu’il a écrit à partir de lui mais il ne peut le joindre. Celui-ci s’enfuit dans un univers de métro dans le monde d’Alphaville et de Pierrot-le-fou. Emilienne a-t-elle existé? s’interroge le narrateur. Peut-être Vincent n’existe-t-il pas non plus. Au roman succède le roman du roman. Il y a là une tentative intéressante qui renouvelle la façon moderne de raconter le livre en train de se faire. Mais l’originalité de Dérive tient aussi dans son style sobre, sa sensibilité contenue.

Gilles Costaz – Combat


Un beau titre et qui va bien à ce roman. Constamment on dérape de l’objectif au subjectif, du il au je. Dérapage plus subtil entre la première et la seconde partie du texte: le roman-roman devient histoire d’un roman. Au vrai, le texte dérive entre ses personnages. Tout cela pourrait être un jeu (genre jeu de miroir dont le roman est si friand) d’un intérêt incertain. Mais non. Dérive a des allures de roman stendhalien.

Résonnance. Vie lyonnaise


…Ce récit stendhalien, qui débute comme un duo contrasté, éclate soudain pour se muer en un jeu incantatoire de l’imaginaire: c’est le roman du roman, écrit par un personnage qui se nomme JE…

Le Méridional – La France


…Qui sera la femme-mythe, celle à deux dimensions autour de qui dérive ce ballet ?

La Libre Belgique


…Un roman qui a pour thème la cover-girl, femme mythe à deux dimensions, pour cadre Paris, les plages de l’Adriatique et Bruges, et pour héros un homme dont le sort est étrangement lié à celui de l’auteur…

La quinzaine littéraire


…Trois femmes ? Non, le miroir est à trois faces, lui, mais la présence est la même. Dès lors qui est Je, dans ce monde international de la mode et des émeutes de mai 68 ?…

Les Lettres françaises


…C’est l’entrée dans un univers où l’irréel prend le pas sur le réel…

Presse Océan


…Au bout de deux cents pages…Dérive se décompose, éclate, forme un autre roman à partir du premier où personnages et événements s’émiettent de la fiction à la réalité (romanesque). C’est la fuite dans le métro, la fuite de l’homme ou des hommes hantés par un souvenir, vrai ou faux, celui d’une femme: Emilienne, Mic ou l’inconnue…

Jacqueline Bruller Dauxois – Europe


…Tout est phantasme dans ce roman stendhalien et l’irréel prend le pas sur le réel…

Diplomatic observer


Un amour au siècle de j’image. René Ballet réussit avec “Dérive” son examen de passage dans la classe “romanciers”…C’est un récit alerte, en prise directe sur l’intolérable civilisation de l’image…

J. Pe – Feuille d’avis de Lausanne


Ancien instituteur dans l’Isère, René Ballet, devenu journaliste connu, fait vivre ses amours à son héros dans l’effervescence dont mai 68 est le suprême tourbillon…

P. L. Damar – Dauphiné Dimanche

Une petite ville sans mémoire – Messidor, 1984

Une petite ville sans mémoire est un roman noir. Noir comme le racisme, comme l’ivresse, comme la respectabilité, comme la lâcheté, comme l’amnésie collective. Où cela se passe-t-il ? Ce pourrait être aux États-Unis ou en Allemagne. Cela pourrait aussi se passer un jour sous nos fenêtres, des fenêtres que l’on n’ouvre pas. Pour ne pas être témoin.

4e de couverture

 

“Une petite ville sans mémoire est certes un récit rapide et vif dont la sécheresse, la rigueur, l’économie des moyens révèlent que l’écriture tendue et maigre de Vailland n’a pas été un épisode isolé dans la prose française de notre temps. N’est-ce pas aussi une longue tradition française qui remonte très loin, jusqu’à Stendhal, jusqu’à la surprenante ductilité de la prose des “Lumières”? Et puis il y a la déontologie du journaliste, du meilleur, celui qui vit certes des mots mais ne se paie pas de mots: en littérature, cette (dure!) école produisit Hemingway, entre autres… Une petite ville sans mémoire fait une assez grande part au mystère, comme un roman policier au mécanisme bien monté. Dans une triste banlieue des USA arrive un certain Mario qui cherche des précisions sur la mort de son ami Rocco, un ouvrier écrasé par un camion.
On comprend peu à peu que Rocco a été assassiné. Mais Mario se heurte à un mur de silence. La petite ville défend son passé, un passé de racisme, d’oppression et de crimes. On a compris que ce récit mené avec maestria et selon toutes les règles du genre est plus qu’un thriller _ ou alors qu’il s’égale à ses meilleures réussites, celles d’un Horace Mac Coy ou d’un Dashiell Hammett _ une profonde réflexion politique et un avertissement”.

Claude Prévost – L’Humanité


“Malgré la peur qui la tenaille, la fille fera parler un étrange personnage : Whi, abréviation de Whisky. Ancien grand honnête homme, défenseur des noirs ; piégé par la ville, par les faux honnêtes gens, devenu la larve qu’il est aujourd’hui.”

André Remacle – La Marseillaise


“Mené avec rigueur et concision, l’excellent roman de René Ballet impose sa marche forcée. Le suspense nous oblige à suivre le regard sans complaisance mais non pas sans tendresse de ce chercheur de vérité”.

Monique Houssin – L’Humanité-Dimanche


…Un roman policier ? En tous cas, il y a des cadavres, mais pas de coupable. A moins que le coupable ne soit la ville tout entière. Un roman noir? Sans doute. Noir comme le racisme, la lâcheté, l’amnésie collective…

La montagne


…Ni roman noir, ni policier, ce roman conduit d’une écriture nerveuse, économe, impose son rythme, entretient le suspense. La sobriété efficace dans la recherche de la vérité, l’intelligence et la finesse de cette réflexion sur l’engagement vous conduisent à le lire d’une traite. Dans nos petites villes sans mémoire, René Ballet a ouvert une fenêtre.

Clarté


Rocco est arrivé, un soir de juin, dans une petite ville ordinaire. Il meurt, écrasé par un camion. Accident sans témoin. Camion non identifié. Affaire classée. Dix-huit mois plus tard, Marco, l’ami de Rocco, débarque dans cette petite ville pour tenter de comprendre. Il questionne. Personne ne se souvient de l’accident, personne n’a connu Rocco, le jeune immigré. La ville entière semble frappée d’amnésie. Peur? Lâcheté? Volonté d’oublier ? Ici, chacun clame trop haut et trop fort ; ”C’est le pays de la liberté et de l’égalité entre les Blancs et les Noirs”…

G.P. – la Vie


… Un roman noir où s’accumulent les cadavres et qui a pour coupable la ville. Difficile de l’arrêter…

Révolution

L’organidrame – Messidor, 1986

Soleil froid – Messidor, 1989

Le Domaine du bout de l’île – Scanéditions, 1992

L’Hôtel des deux gares – Le temps des cerises Editeur 1994 et « Mon petit éditeur 2016 »

La manipulation – Le temps des cerises, 1996

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Gérard Streiff – Ivry ma ville « Le Magazine » 1996


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Nathalie Stuaert (L’Humanité) – 13 décembre 1996


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La République du Centre – Samedi et Dimanche 13 octobre 1996

Sur l’autre versant de la nuit – Le Temps des cerises, 1999

 

Retour à Santopal – Le Temps des Cerises, 2002

Retour à Santopal - René Ballet

Retour à Santopal. Dans un bidonville de Santopal, Juan le jeune chien fou court après la vie. Après la victoire du Front populaire, tous les rêves sont permis. Et puis, un matin, les chars dans les rues. René Ballet se livre dans ce roman à l’autopsie d’un coup d’Etat comme les Etats-Unis savent les organiser.

4e de couverture

 

René Ballet a été grand reporter, a voyagé dans le monde et s’est trouvé au Chili sous la dictature de Pinochet, mêlé aux événements tragiques qu’il décrit dans ce roman. Son écriture reflète cette expérience de celui qui voit, écoute et rapporte. Elle en a une netteté, une concision qui augmentent sa rigueur.

Pierre Gamarra – Europe


Ce roman d’initiation, entrelardé, comme souvent chez lui, de coupures de presse, d’aphorismes, de paroles rapportées qui jouent avec la réthorique révolutionnaire (il nous y est rappelé au demeurant qu’il est moins difficile de faire l’amour que le communisme) nous le montre en tous cas au meilleur de sa forme. René Ballet pose, par le biais de l’écriture, des questions majeures.

Alain (Georges) Leduc – Liberté-hebdo


René Ballet connaît bien le Chili. Sous Pinochet, il a enquêté clandestinement dans le pays soumis à la police du dictateur fasciste… Son roman se déroule donc pour l’essentiel au Chili justement dont le nom n’est jamais mentionné, pas plus que celui des villes où se déroule l’action. Ainsi Santiago devient Santopal… La victoire du président de gauche est accueillie par des manifestations où s’exprime l’allégresse populaire. Juan participe à la joie des travailleurs.
Mais le dictateur s’empare du pouvoir par la violence. Juan est laissé pour mort dans une rue qu’a ratissée la soldatesque du nouveau régime. Il vit pourtant et est sauvé par Batavia, le bourlingueur “rouge”… Au travers de multiples aventures, il subit une profonde mutation. Sous un nouveau prénom, il gravit les échelons sociaux. Le voici cadre supérieur d’une multinationale américaine… Aux ordres de son entreprise, il est amené à revenir à SantopaI. .. Peu à peu, au travers de nombreuses difficultés psychologiques, il rompt la cuirasse dont il s’était revêtu et se fraye un chemin vers la liberté. La liberté qui était celle de sa jeunesse, quand il luttait au côté des travailleurs, victimes comme lui de l’exploitation…Et il retrouve le chemin de la lutte en même temps que sa personnalité profonde. Les dernières lignes du roman confirment cette résurrection : “Réapprendre à se battre. Il ne sait pas très bien comment, ni pour quoi, mais il n’est plus seul”.

Michel Buenzod – Gauchebdo


Ce n’est pas la guerre d’Espagne qu’évoque le roman de René Ballet, mais le Chili. Il ne se centre pas sur le coup d’Etat mais bien plus largement, retrace l’histoire d’un gamin des bidonvilles, Juan, qui apprend bien à l’école (religieuse), que le curé pousse à continuer, qui est un jeune homme heureux au moment du Front populaire, et qui a pour mission de continuer la lutte autrement, une fois la dictature installée. Et c’est beau et poignant. Parce-que rien n’est simple, et parce-qu’il importe qu’on se souvienne, et qu’on comprenne…. Juan qui a perdu sa compagne et le goût de vivre, va retrouver une raison d’être: il devra infiltrer une entreprise nord-américaine qui s’installe en Amérique latine. Juan doit changer d’identité, tel un Lorenzaccio, il doit devenir plus “patron” que le patron, pour, un jour, être utile au bon endroit…Mais dans les usines qu’il dirige, les ouvriers revendicatifs sont victimes d’accidents…et il est le boss, aucun ouvrier ne lui fera confiance…
Alors ? Vingt ans de dictature, ça laisse des traces. Comment croire à un avenir différent ?
Le roman de René Ballet est très éclairant sur le Chili, et surtout il résonne de toutes nos peurs, de toutes les ambiguïtés, de toutes les complications d’aujourd’hui. On se sent seul. Et où on est si nombreux à se sentir seuls.

Evelyne Pieiller (L’Humanité-hebdo)


Retour à Santopal est inspiré d’un reportage clandestin que René Ballet a réalisé pour L’Humanité au Chili en 1976 au début de la dictature militaire. A Santiago, il rencontre des chiliens qui aident les victimes de la répression. La découverte des bidonvilles et ses rencontres avec la population locale ont marqué l’écrivain et inspiré notamment les personnages de Juan et de Batavia dans ce roman.

François Le Moing (Vanves-Infos)


Retour à Santopal est l’histoire d’un homme, Juan, né dans un bidonville d’Amérique latine. Tous les rêves lui sont permis après la victoire du front populaire, dans son pays où il est né dans la misère. Hélas, après la révolution, l’exil se dessine pour lui. Juan revient à Santopal vingt ans après mais tout a changé, et lui aussi ! Et pourtant, si les gens ne sont plus les mêmes, les convictions sont encore là, les racines de l’espoir renaissent, et la résistance continue… Une histoire passionnante qui bouleverse et dépayse, tout en étant toujours d’actualité !

Le Réveil Normand


Il appartient à la race des baroudeurs de l’écriture. Et tout ce qu’il touche, il le transforme en diamant. .. Chacun de ses romans est une plaidoirie en faveur de ceux que la vie a meurtri… Grand reporter clandestin au Chili sous Pinochet, René Ballet offre une autopsie dont il a le secret, de l’un de ces coups d’Etat réussis par les Américains dans ces pays où ils veulent garder la maîtrise…
Ce roman, le treizième de René Ballet, reste une œuvre solide, dans la lignée de ses autres ouvrages. Il prolonge la production de cet auteur attachant, fidèle à ses idées humanistes.

La République de Centre

Soldes d’été au Lüger – Le Temps des Cerises, 2010

Soldes d'été au Lüger

Soldes d’été au Lüger. L’honorable PDG farci au plomb, le gros Jack saigné comme un porc, le receleur chinois
cuit au four et l’homme de main coulé vivant dans le ciment frais : résultat de la guerre
des clans Berlu et Sconi. Mais aussi liquidation de stocks, bilan de deux semaines
de soldes du système Berlu-Sconi. Et surtout, passage à un autre stade économique :
du trafic (et des trafics maritimes) à l’ère numérique.

L’auteur trace ici l’épure d’une affaire criminalo-politico-financière.

4e de couverture