89 bis

L'Affaire Antigone - 89 bis

89 bis est le scénario d’un spectacle interprété par la Chorale populaire de Paris et les comédiens de La Cocarde en 1989 pour fêter le bicentenaire de la révolution de 1789.

Scénario René Ballet

 

89 Bis est un spectacle satirique. À cela deux raisons : 1789 n’est pas 1871. 1871 reste un évènement inconcevable, donc non présentable, le premier gouvernement ouvrier du monde ! En revanche, 89 a depuis longtemps été récupéré par presque tout le monde.

89 Bis est un spectacle ironique, pas trop long : 1 h 30, visant moins à exalter la Révolution qu’à démonter, à détruire l’image aseptisée que certains veulent nous montrer.

Pas de décors, d’accessoires, de costumes historiques, tout se passe en 1989, dans un studio de télévision.

La Chorale Populaire de Paris donne là un spectacle ininterrompu, d’un seul tenant.

89 Bis n’est ni un récital de chants révolutionnaires ni une pièce de théâtre, avec 89 Bis, la Chorale Populaire de Paris utilise ses deux moyens d’expression.

Cinq grands thèmes dans 89 Bis :

  • Prologue : 89 est bien gênant pour certains,
  • 4 août en nocturne : les paysans et la liberté,
  • Noir comme le sucre: les esclaves des colonies et la liberté,
  • 17 Juillet 91, le jour où la Révolution aurait dû s’arrêter : les ouvriers et la liberté,
  • Final : 89 n’est pas terminé !

 

 

Voilà 89 Bis par la Chorale Populaire de Paris. Ce spectacle est de René Ballet (grand reporter à l’Humanité Dimanche), la mise en scène de Christian Ferrari, chef de choeur : Jean-Claude Chambard.

Les Saintes Huiles – Le Temps des cerises, 2001 – Nouvelle tirée de Corps à corps (nouvelles érotiques).

Les Saintes Huiles - René BalletAu Baron Ernest-Antoine Seillière fils du Baron Jean Seillière de Laborde.

D’un mouvement d’épaules, Pierre-François écarta les deux gardes qui l’encadraient. Arrivé sur la plateforme, il se redressa et toisa la foule. La tempête de haine populacière ne le fit même pas sourire… Il leva les yeux. Non pas vers le ciel vide, mais vers le couperet, seul partenaire digne de lui. Sa respiration s’accéléra tandis qu’on l’installait sur la planche. Pour maîtriser un tremblement, il se plaqua contre sa dernière couche. Le tremblement s’amplifia. Il se plaqua plus fort. Et le miracle se produisit. Entre ses cuisses, s’écoulait un liquide épais et tiède qui n’était pas -pas encore-du sang.
Les saintes huiles, ricana Pierre-François. Il partit d’un grand éclat de rire tranché net.
Nouvelle tirée de Corps à corps (nouvelles érotiques) – Le Temps des Cerises, 2001


Cinq auteurs “débelzébutent” l’érotisme! René Ballet traverse l’histoire à pas de hussard, l’histoire ou plutôt une période de l’histoire où le monde changeait. La remise en cause du pouvoir établi, c’est aussi l’affirmation de disposer de son corps. Non seulement pour le plaisir, mais pour la vie tout court. Et là, la leçon est éminemment politique; mais non sans humour car elle démystifie à jamais les maîtres du moment qui ne sont bien que du moment car le pouvoir peut être “tranché net”.

Lucien Wasselin (Liberté-Hebdo)


“Corps à corps” (nouvelles érotiques) recouvre sous diverses signatures un genre très apprécié en France et dans l’Europe du sud, la Nouvelle….L’écriture (moderne) montre bien ce qui se réalise sous nos yeux de lecteur et, par conséquent, de voyeur. L’action dépasse le temps, n’est-ce pas là la recommandation de la parabase de la tragédie grecque, à laquelle l’auteur donne une définition juste. Monter et démonter, sans cesse, les tréteaux du théâtre de la vie, c’est refaire le jeu, dans toutes ses composantes.

P.P. (Liberté 62)

Cocktail au curare – Le Temps des cerises, 2007

Cocktail au curare - René BalletRecette :
Verser dans le désordre des histoires d’aujourd’hui, d’hier, de demain ou de jamais. Y ajouter une pincée de politique-fiction, quelques flashes pimentés, des détournements et des contes au parfum de règlements de comptes. Mélanger le tout et agiter soigneusement. Servir glacé avec un soupçon de curare et une pointe d’inconvenance. A consommer avec précaution. Peut nuire à la quiétude et au sens moral.


A la fois doux et amer. Aprement lucide mais taillé comme un diamant rare par un orfèvre du cœur, tel est le dernier livre écrit par l’homme de plume René Ballet…Et sa dégustation va remplir les lecteurs de bonheur en faisant couler dans leurs veines le goût brûlant de la phrase bien écrite qui réveillera les sentiments enfouis au fond de soi par une société oppressante en raison de ses interdits masquant sans cesse le rayon de soleil et la source fraîche que l’on pressent si proches, dont la véritable éducation reçue vous avait enseigné l’existence… René Ballet, une fois encore, révèle son solide talent d’écrivain. Ce cocktail, alterne courts tableaux, scènes précises et histoires miroirs qui se dégustent avec plaisir et s’ouvrent sur un monde lucide en apaisant L’inquiétude ressentie au sein d’une société en perdition…

Raymond Ménard (La République du centre-Week-end)


La petite gare
(Nouvelle extraite de « Cocktail au curare »)

Léon se leva à regret.
Aux premiers jappements, il avait haussé les épaules. Tégévé radotait : il ne jappait plus qu’après ses rêves. Mais les jappements redoublaient. Lorsque Léon poussa la porte, le froid l’envahit jusqu’au fond des poumons. La douche glacée de la lune illuminait le quai de la petite gare. Personne, évidemment! Pas un bruit. Pas un souffle. Le vent même semblait pris dans les glaces. Léon sursauta : le gravier venait de craquer derrière les troènes masquant le portillon d’entrée. Il s’avança en balançant sa lanterne mais, après quelques pas, la surprise le cloua sur place. Un voyageur !
Le premier réflexe de Léon fut de regarder l’horloge. Il était non pas 8h10, comme auraient dit les gens d’ici, mais 20h11. Une minute, ça compte pour un cheminot. Un voyageur dans la gare à 20h11 – presque 20h12 à présent, le 24 décembre, ce n’était pas croyable. Pourtant…
L’homme sortit de l’ombre. Léon attendait. De plus en plus méfiant : dans la lueur de la lanterne, il remarqua le teint basané de l’inconnu. Un maghrébin sans doute. S’ils arrivaient jusqu’ici maintenant !
– Y a-t-il bientôt un train ?, demanda l’étranger.
– Y aurait bien le 21h23, mais il ne passera pas.
– Pourquoi ?
– Parce qu’il ne passe plus de trains depuis vingt-quatre ans.
Léon tressaillit au bruit de la valise tombant sur le quai. Il remarqua alors l’air exténué de l’étranger; il vacillait. Il n’allait quand même pas lui tomber dans les bras !
– Entrez un moment dans la salle d’attente, maugréa Léon. Il y fait moins froid.

*

        Léon avala un verre de vin rouge pour se réchauffer, il augmenta la flamme sous les cèpes qui mijotaient dans la cocotte puis il alla regarder à travers la petite lucarne donnant sur la salle d’attente. Bien qu’elle ne fit pas partie des locaux que lui louait la Compagnie, il l’entretenait comme le reste. Fierté de cheminot !
L’étranger se pelotonnait sur la banquette en bois. Tassé dans l’angle de deux murs. Dans le noir. Il avait préféré rester sans lumière : pour mieux se reposer, prétendait-il. Dans la clarté filtrant par la lucarne, Léon remarqua qu’il tremblait de froid. Ce n’était pas étonnant, habillé comme il l’était. Quelle idée de se promener en imperméable, un soir de Noël ! Et après, ils envahissent nos hôpitaux…
– Je laisse ouvert grommela Léon en poussant la porte de communication entre la cuisine et la saIle d’attente. Il fera moins froid.
L’étranger le remercia d’un signe de tête.

*

        Léon souleva le couvercle de la cocotte. Une chaude odeur de forêt, d’humus le suffoqua. Les cèpes allaient être à point. Il les avait fait sécher, coupés en fines lamelles, suspendues à un fil. Leur cueillette, à l’automne, était l’un de ses plaisirs favoris : la marche dans la forêt bruissant du craquement des feuilles mortes, les branches traîtresses cédant sous la main, les ronces griffant l’envahisseur, la fatigue, le découragement… et soudain l’émotion à la vue de la tête brune émergeant de la mousse.
Léon but un verre de vin pour dissiper l’émotion.
Il entrouvrit la porte du four. La peau du canard se dorait dans le grésillement de la graisse fondante. Encore quelques minutes de cuisson. Léon rit : ils avaient coupé la ligne sans lui couper l’appétit…Ni la soif, pensa-t-il en se retournant pour se servir un verre.
Et l’autre, là-bas?
Il s’arrêta, la main au-dessus de la bouteille. Fasciné par le rectangle noir de la porte ouverte. Les odeurs de cuisine devaient envahir la salle d’attente, provoquant l’étranger transi dans l’obscurité.
Peut-être ne sentait-il rien, tenta de se rassurer Léon : ils ne savent pas manger. A part leur couscous…
– Si vous voulez partager mon repas, dit-il en s’avançant. Il y en a pour deux. C’est sans façon.

*

        – C’est la vie, dit Léon en riant.
Sa vie, il l’a racontée entre le pastis et le fromage. Une vie toute simple, comme on dit des vies difficiles. Il avait quarante-deux ans, lorsqu’ils ont fermé a ligne où il travaillait. A sa retraite, il est revenu habiter dans la gare désaffectée qu’il louait à la Compagnie. Au début, par habitude -non, par respect- il arrachait les ronces qui poussaient dans le ballast : «le Léon cultive les cailloux», se moquaient les paysans. Et puis il y a deux ans, ils ont enlevé les rails. Léon a clos les volets et s’est enfermé pendant deux jours avec un casier de bouteilles. Pour ne pas voir ça ! Si les rails ont disparu, il y a toujours un casier en réserve. Cela, Léon ne l’a pas précisé mais Nazim s’en est certainement aperçu.
Car l’étranger s’appelle Nazim et il n’est pas maghrébin mais turc. C’est même à peu près tout ce que Léon sait de lui. Pour le reste, Nazim reste évasif : il était ajusteur à Istamboul mais il ne peut plus retourner chez lui. Léon n’a pas insisté : une gare est un lieu d’asile. Comme la Légion. Et Léon a vu des films : à celui qui y entre, on ne demande pas d’où il vient.

*

        – Ah ! j’en ai vu passer du monde, soupira Léon, du beau monde et du drôle de monde.
– Mais c’était une petite ligne…
– Petite ligne, s’indigna Léon, mais avec des correspondances pour Paris Marseille, la Porte de l’Orient : Naples,  Athènes, Istamboul.
– Istamboul, répéta Nazim, les yeux pétillants.
Léon reprit la bouteille de calvados mais Nazim posa la main sur son verre.
– Le dernier, insista Léon. Le coup de l’étrier. Vous en aurez besoin : la route est longue jusqu’à la grande ligne.
Il s’arrêta, la bouteille en l’air : tégévé venait de japper.
– Normal, dit Léon en riant. Il annonce l’arrivée du père Noël.
– Merde, reprit-il après avoir essuyé la buée d’une vitre, ce sont les gendarmes !
Léon n’eut qu’à regarder Nazim pour comprendre.
– Je m’en occupe, dit-il. Passez dans la chambre à côté.

*

        Les deux gendarmes se préparaient à entrer au chaud mais Léon les reçut sur le pas de la porte.
– Il faut être vicieux, dit-il, pour se balader par un froid pareil.
– Ne plaisante pas. C’est sérieux. Nous recherchons un homme, un étranger en situation irrégulière. On va le réexpédier chez lui. Retour à l’envoyeur. Tu n’as vu personne ?
– Je ne vois plus personne depuis vingt-quatre ans, depuis que vous avez fermé ma gare.

*

        Léon attendit que le bruit du moteur se fût enfoncé dans la nuit pour refermer la porte.
– Tu peux sortir, cria-t-il en direction de la chambre.
– Je suis là.
Léon se retourna. Nazim se tenait dans l’entrée de la salle d’attente, en imperméable, la valise à la main.
– Tu pars ?
Nazim écarta les bras en signe d’impuissance.
– Tu as tort, reprit Léon. Dehors, l’air est froid… et malsain pour toi. J’ai un petit lit pliant. C’est pas le Négresco mais si tu veux passer la nuit ici…
Nazim accepta d’un sourire. Un sourire comme Léon n’en avait jamais vu, avec ces dents d’une blancheur irréelle au milieu de cette peau basanée.
Il y avait bien longtemps que Léon n’avait pas reçu un aussi beau cadeau de Noël.

* *
*

Reporter de l’interdit (Recueil des reportages) – Le Temps des Cerises, 2003

Reporter de l’interdit (Recueil des reportages) - Le Temps des Cerises, 2003

René Ballet a toujours défendu la même conception du reportage, forcer les frontières de l’interdit: clandestin dans le Chili de Pinochet et chez les tontons macoutes de Haïti; jouant à la taupe dans la secte Moon et à l’organisateur de soirées avec un patron de “boîte” qui prêtait cent “filles” pour l’achat de cent bouteilles de whisky ; fuyant les fastes officiels pour rencontrer Hrabal-le-récalcitrant dans une taverne pragoise ; révélant comment le maire communiste de Naples dut organiser un sabotage pour faire respecter la loi, comment le peintre mexicain Siqueiros réalisa son œuvre la plus monumentale en prison, comment l’affrontement entre Ferrari-le-despote et les ouvriers rebelles de l’Emilie rouge donna les plus belles voitures du monde et comment sur le chantier de “l’autoroute des géants”, des camionneurs deviennent fous à leur volant.

4e de couverture

 

“…La démarche de René Ballet, enquêtant ici et là à travers le monde, consiste aussi à nous rendre présents, actifs en un sens : nous sommes, le lisant, avec lui, très près de lui, et cette amicale rencontre nous change de l’habitude trop didactique du reporter qui nous demande, au fond, d’assister passivement. .. Une autre exigence habite René Ballet. Il n’est pas précisément un reporter qui appliquerait à l’exercice de cette activité des qualités d’écrivain (ce qui, au demeurant, ne serait en rien négligeable) mais non: c’est essentiellement un écrivain qui possède fort bien et sait en user – n’en jamais abuser- l’art de se faire reporter…Plus il respecte l’exactitude et mieux il la restitue puisque, loin de la reproduire platement, il la porte, littérateur toujours en éveil, simplement vers ceci, d’une authenticité rare et difficile malgré les apparences: le récit… Il conte et raconte. Belle association, croyez-moi. Elle nous vaut d’excellents récits (je tiens au mot, j’y reviens) presque des nouvelles en certaines occasions, sur des rendez-vous clandestins au Chili, sur les Tontons Macoutes de Haïti, sur la Chine, sur Mexico la fascinante, sur Turin berceau des frères Agnelli, sur Londres ou Prague, et aussi sur la France, surprise en divers mouvements de sa société, sur un Paris toujours aussi singulier, en tant que tel inépuisable, également sur des activités de loisir (par exemple les courses automobiles) jamais abordées sous cet angle à la fois descriptif et critique; bref, contraints d’exister pour que nous les connaissions pleinement, dans toutes leurs dimensions humaines…. C’est cette mise en forme qui nous intéresse parcequ’elle suppose qu’intervienne alors ce qui manque trop au reportage routinier: l’atmosphère. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans cet ouvrage une esthétique qui nous ramène aussi, irrésistiblement, au romancier René Ballet, et à cet égard, je dois dire qu’il m’est arrivé plus d’une fois de penser à son roman L’hôtel des deux gares…

Roger Bordier – La Pensée


Un livre récent du journaliste et reporter René Ballet , fort estimable romancier par ailleurs, me donne l’occasion d’évoquer les domaines multiples de l’art d’écrire…Le reporter, le journaliste examine, écoute, inspecte. Sa démarche est d’abord matérielle, concrète…]’emprunte à René Ballet des lignes fort importantes : “Comme son nom l’indique, le rôle du reporter consiste à rapporter. Mais quoi? Une rédaction envoie un reporter pour couvrir un événement, une situation. Le terme couvrir est ambigu. On couvre pour cacher: couvrez ce sein que je ne saurais voir. On couvre pour protéger: un chef couvre ses subordonnés. Le rôle du reporter n’est pourtant pas de couvrir mais de découvrir”. Et René Ballet qui fut grand reporter ajoute qu’il est souvent mal vu de découvrir au sens de rapporter, de cafarder mais aussi au sens de découvrir ce qu’il est interdit de découvrir…René Ballet est un bon journaliste. Son introduction est brève et claire. Elle précède un choix d’articles où il démontre brillamment ses qualités de grand reporter…L’intérêt du recueil est géographique – les cinq parties du monde – mais aussi historique… C’est un vaste voyage que le reporter nous aide à accomplir . Le premier sujet est celui de l’histoire contemporaine…ainsi, cette vallée de Haute Savoie ou trente mille hommes, femmes et enfants sont aux prises avec dix mille tours à décolleter. Ou cet étrange et fascinant portrait de Camille Renault, collectionneur de tableaux en 1968…

Pierre Gamarra – Europe


René Ballet a parcouru le monde. Tel a été son travail. Mais, en humaniste, il ne pouvait garder pour lui ce qu’il a vu, vécu. De la terre morte d’Ethiopie au Chili de Pinochet, en passant par tous les endroits chauds et sensibles de la planète, il rassemble dans “Reporter de l’interdit” des reportages effectués…Il livre avec audace et cœur des témoignages émouvants, honorant son métier de journaliste de terrain, dans des situations difficiles. Tout à l’honneur de cet homme, fort dans l’esprit, pur dans ses convictions, et vrai dans ses écritures.

Le Perche


“L’imagination généreuse, la plume infatigable et une soif inextinguible d’aller vers les autres, font de René Ballet un reporter hors pair… L’écrivain qui a parcouru le monde pour les besoins de son travail a partagé tant de moments riches, qu’il ne pouvait les garder sans les faire partager… Alors, il les offre à ses lecteurs. Un livre magnifique écrit avec le coeur, du Chili redoutable de Pinochet à la terre morte d’Ethiopie, des trappeurs du Canada de North Bay à Marie, la grande dame d’en haut de la montagne pyrénéenne. Du bout du monde à l’autre côté de la rue.

Cet ouvrage remarquablement écrit est, en quelque sorte, le “best of“ des reportages de l’auteur…”

La République du centre


Dans ce nouvel ouvrage, René Ballet nous apporte un témoignage puissant de sa longue expérience de grand reporter. Découvrir le monde selon lui, c’est s’intéresser à tout et aller au-delà des apparences…

François Le Moing – Vanves-Infos

 

Sur Roger Vailland

Entretiens : Roger Vailland (René Ballet en collaboration avec Elisabeth Vailland) – Max Chaleil Subervie (1970)

  • Roger Vailland (René Ballet en collaboration avec Elisabeth Vailland) – Editions Seghers (1973)

Ce petit livre jouera un rôle important dans la connaissance réelle de Roger Vailland…L’étude de René Ballet retrace avec minutie ce qu’on pourrait appeler “l’évolution politique de Roger Vailland” si l’on ne s’avisait qu’à partir du moment où il a choisi son camp, il a moins “évolué” que donné des réponses à l’événement sur la base d’une fidélité globale qui ne s’est pas démentie…Vailland ne considérait nullement l’action comme un luxe d’aristocrate: au contraire, il vivait de plein-pied avec les travailleurs de sa région, faisant preuve constamment d’une modestie intellectuelle qui force le respect… Ces textes sont suivis par un abondant choix d’articles, car Vailland fut aussi un très grand journaliste…Ils témoignent d’une fidélité politique profonde…C’est ce que voulait montrer ce recueil : sans nul doute, il atteindra son but.

C.P. (La Nouvelle Critique)


…Ce petit livre d’Elisabeth Vailland et René Ballet est un ouvrage beaucoup plus important que la grosse thèse de Roger Picard parue chez Hachette ou l’étude psychanalytique de Jean Récanati…On reprochera peut-être à la troisième partie, l’étude de la vie et de l’œuvre de Roger Vailland par René Ballet d’être trop brève. C’est en tous cas un remarquable essai qui conjugue fort bien la biographie et l’analyse en profondeur. René Ballet a connu Vailland, mais son texte n’est pas seulement celui d’un témoin et d’un ami ; c’est le texte auquel il faut se reporter si l’on veut connaître l’essentiel sur Vailland…

Gilles Costaz (Combat)


…Ce livre qu’Elisabeth Vailland et René Ballet consacrent à l’écrivain est indispensable pour tous ceux qui aiment Roger Vailland, dont le nom est entouré d’une légende souvent fausse. Libertin, cynique, désinvolte, désabusé, homme au regard froid ? Frivole peut-être, mais militant communiste aussi…

F.T. (Tribune de Genève)


…Le présent livre d’Elisabeth Vailland et de René ballet précise la complexité singulière et généreuse, lucide et emportée de Roger Vailland, c’est-à-dire d’un homme qui fut exemplairement de notre temps et, à ce titre, entièrement promis à l’avenir…

Hubert Juin (Le Monde des livres)


  • Les mauvais coups de Roger Vailland – Préface de René Ballet – Editions Rombaldi (1971)

  • Le colonel Forster plaidera coupable de Roger Vailland – Préface de René Ballet – Editions Grasset (1973)

  • Présentation de l’oeuvre romanesque, de Roger Vailland – Livre Club Diderot (1974)

  • Présentation du Saint Empire, de Roger Vailland – Editions La Différence (1978)

  • Présentation des écrits de presse de Roger Vailland :

  • Tome 1 : Chronique des années folles à la Libération (1928-1945)

  • Tome 2 : Chronique d’Hiroshima à Goldfinger (1945-1965)

  • « La Visirova : Des Folies Bergères jusqu’au trône », de Roger Vailland – Editions Messidor (1986)

  • « L’épopée du Martin Siemens », de Roger Vailland (C.C.A.S. 1990)

  • Marat Marat, essai de Roger Vailland, par René Ballet en collaboration avec Christian Petr – Le Temps des Cerises (1995)

  • « N’aimer que ce qui n’a pas de prix », René Ballet en collaboration avec Christian Petr – Editions du Rocher (1995)

  • « Le conservateur des hypothèques », René Ballet en collaboration avec Christian Petr – Le Temps des Cerises – 1996

  • « Comment travaille Pierre Soulages », de Roger Vailland, par René Ballet – Le Temps des Cerises (1998)

  • « Le Soleil fou » (Nouvelle de Roger Vailland) présentée par René Ballet et Christian Petr – Le Temps des Cerises (1998)

  • « Eloge de la politique » de Roger Vailland, présentée par René Ballet et Christian Petr – Cahiers Roger Vailland – Le Temps de Cerises (1999)

  • « Le cinéma et l’envers du cinéma », de Roger Vailland, présenté par René Ballet et Christian Petr (en collaboration) – Cahiers Roger Vailland – Le Temps des Cerises (1999)

  • « Aphorismes », de Roger Vailland, présenté en collaboration par René Ballet et Christian Petr dans « Les Cahiers Roger Vailland » – Le Temps des Cerises (2000)

  • « De l’amateur », de ROger Vailland, présenté en collaboration par René Ballet et Christian Petr « Essai art et littérature » – Le Temps des Cerises (2001)

  • « Le roman social, une figure iconoclaste » de René Ballet sur Roger Vailland – Editions de l’Atelier (2002)

  • « Roger Vailland et l’Art », « une relation singulière » – Texte de René Ballet pour une exposition du Musée de Chintreuil (2005)

Sur Roger Vailland

Auteurs sur la ville (Editions Médianes, 1992)

Auteurs sur la ville (Editions Médianes, 1992)Strictement confidentiel. Agglomération rouennaise menacée de contamination. Stop. Foyer principal d’irradiation à Petit-Quevilly. Stop. Contacts suspects entre cinq récidivistes et la bande de la rue Paul Doumer. Stop. Préparent un coup. Stop. Trafic de la matière. Stop. Surveillance maxi… Et la BMW noire démarra. A son bord, deux “correspondants” de “l’Agence”. Deux spécialistes de la surveillance de cette matière plus précieuse et plus dangereuse que l’or ou l’uranium. Mais l’un déjà est irradié, placé en “zone rouge”. N’est-il pas trop tard?

René-le-Grenoblois, alias René Ballet est dans le coup. Ex public relations d’une multinationale, grand reporter, écrivain: sous ces diverses couvertures, cet ami de Roger Vailland a toujours pratiqué le trafic de la matière.

4e de couverture

 

“Auteurs sur la ville”, …est un roman de René Ballet qui a parfaitement dévié le programme qu’on lui avait confié. Le programme, c’était de suivre chacune des villégiatures d’auteurs organisées par le Théâtre Maxime Gorki (de Petit-Quevilly). On invitait un auteur dramatique pour deux semaines à Petit-Quevilly afin qu’il “sente” la ville et la région, qu’il rencontre des comédiens, des metteurs en scène, des lycéens, des spectateurs. A chaque fois, une lecture-spectacle proposait une mise en espaces des textes de chaque invité. Et René Ballet, journaliste, écrivain, suivait ces rencontres pour en faire un compte-rendu. Il a choisi la voie du roman, et du roman policier, qui plus est. Il y a donc une enquête sur une contamination qui risque d’asphyxier la ville. Le policier soupçonne cinq récidivistes qui se réunissent rue Paul Doumer, à Petit-Quevilly. Que trament-ils? Deux spécialistes de la surveillance démarrent sur les chapeaux de roues…

Paris-Normandie


Un drôle de polar…Faire d’une expérience théâtrale un roman policier, c’est le pari qu’a tenu René Ballet. Son drôle de polar est aussi un polar drôle… Il n’y a que Gorki pour replacer avec autant d’humour et d’originalité l’objet d’un vernissage. Présenter un livre n’a rien d’extraordinaire en soi. Sauf lorsque les personnages du polar en question sont présents et tout naturellement dans leur rôle…

Car ce roman est à la fois la conclusion de l’aventure 91 de ‘’Auteurs en villégiatures” et le début d’une autre, la création d’une collection théâtrale “villégiatures”…. J’ai voulu laisser une trace originale d’une expérience théâtrale originale” souligne René Ballet. “Je n’en dirai pas plus, un policier ne se dévoile pas”…Un vrai polar avec l’indispensable cadavre…Ce policier se lit comme un roman qu’il est, avec l’envie à chaque page de découvrir la suivante…

Marie-Paule Salmon – Paris-Normandie


…Des individus étranges s’occupent d’affaires insolites, qui se passent dans une ville de Normandie, Petit-Quevilly. Ils travaillent pour une agence, l’ICA, un code qui rappelle curieusement la CIA américaine…Ce roman original est né de confrontations, de recherches d’écriture dont on trouvera la genèse dans les dernières pages…Pour ne pas déflorer l’histoire née de l’imagination de René-le-Grenoblois, alias René Ballet, la rétention d’informations est de rigueur.

L’Humanité-Dimanche